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EAC : prolongation du mandat de la force militaire déployée à l’est de la RDC

Le 21e sommet extraordinaire de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a décidé ce 31 mai 2023 à Bujumbura de prolonger le mandat de sa force militaire en mission à l’est de la République Démocratique du Congo. Le secrétariat de l’organisation devra constituer une équipe composée d’un brigadier général issu de chaque contingent sur le terrain, afin d’évaluer l’application du mandat de la force et un rapport devra être soumis dans les 90 jours.

Kinshasa exigeait que l’action de la force soit auditée. La RDC estime que certains contingents n’étaient pas assez « offensifs » envers le M23, voire avaient instauré une sorte de collaboration avec les rebelles, violant ainsi leur mandat de départ.

Un mandat prolongé, mais réévalué : un compromis qui satisfait Giscard Kusema, directeur adjoint de la communication à la présidence congolaise. « La voix de la RDC a été entendue, les présidents insistent sur l’obligation de résultats et surtout sur le respect du mandat accordé à la force sous-régionale. C’est un sursis qui a été accordé. On veut un mandat beaucoup plus offensif. Cette force va devoir s’activer réellement et donner des résultats pour lesquels elle avait été invitée. »

Les contingents venus d’Ouganda et du Kenya étaient particulièrement visés par les critiques congolaises. Pas étonnant donc que le président kényan William Ruto se réjouisse de l’extension de la mission. « Il y a un déploiement complet de la force, un cessez-le-feu depuis deux mois, un retour progressif des civils. Avec cet accord, les défis que le Congo connaît depuis 20 ans sont en train d’être résolus. Il reste encore beaucoup à faire, mais ce qui a été accompli en six mois, montre qu’il y a une opportunité pour la paix et la stabilité. »

Un retrait du M23 des zones qu’il contrôle et le cantonnement de ses éléments est prévu de longue date, mais sur le terrain la situation est bloquée. Le sommet de Bujumbura a donc tenté de relancer le processus. Les États-membres demandent ainsi aux états-majors et aux partenaires, comme l’ONU, de s’assurer d’ici 3 semaines, que la ville de Rumangabo, dans le Nord-Kivu a les capacités d’accueillir un site de pré-cantonnement.

Enfin, étant donné les tensions qui existent autour de ce dossier, il a été décidé de nommer un chef de mission civil pour coordonner tous les problèmes politiques au sein de la force.

La Rédaction

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