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Alors que la demande d’extradition pour crime de génocide est à l’examen, il demande l’asile politique en Afrique du Sud

Poursuivi pour sa participation au crime de génocide au Rwanda en 1994, Fulgence Kayishema a annoncé ce mardi 20 juin 2023, par le biais de son avocat, qu’il avait décidé de déposer une demande d’asile politique en Afrique du sud. Une demande d’asile susceptible de retarder son extradition vers Arusha en Tanzanie et, plus tard, vers son pays d’origine le Rwanda pour être jugé.

Fulgence Kayishema est l’un des quatre derniers fugitifs recherchés par le Mécanisme international résiduel des Nations Unies pour les tribunaux pénaux pour génocide et crimes contre l’humanité commis au Rwanda en 1994.

Il est accusé d’être l’un des chefs de la milice qui a tué des hommes, des femmes et des enfants tutsis qui se cachaient dans l’église catholique de Nyange dans l’ancienne préfecture de Kibuye à l’ouest du pays. Plus de 2 000 personnes ont été tuées dans ce massacre pour lequel le suspect est poursuivi.

Le tribunal de l’ONU veut que Kayishema soit envoyé à l’un des sièges du tribunal à Arusha, en Tanzanie, puis au Rwanda pour y être jugé, mais on ne sait pas combien de temps il faudrait à l’Afrique du Sud pour l’extrader.

Aujourd’hui âgé de 62 ans, il avait été en fuite pendant près de 30 ans avant son arrestation le 24 mai près du Cap en Afrique du Sud.

Fulgence Kayishema a également été inculpé en Afrique du Sud de 54 chefs d’accusation d’infractions à l’immigration et de fraude. Il aurait utilisé de faux noms et d’autres informations falsifiées pour obtenir des documents lui permettant d’entrer et de vivre en Afrique du Sud, où il se trouvait depuis au moins 20 ans, selon les accusations portées par les procureurs.

Il a comparu devant le tribunal mardi pour cette affaire. La procédure aurait pu retarder son extradition même si Kayishema n’avait pas l’intention de demander l’asile, une décision qui nécessite de nouvelles procédures.

Son avocat, Juan Smuts, a déclaré aux journalistes mardi que Kayishema avait quitté le Rwanda en 1994 « par peur pour sa vie ».

Il s’est caché dans au moins trois autres pays africains – le Congo, le Mozambique et la Tanzanie – avant d’arriver en Afrique du Sud entre 2000 et 2002, a déclaré Smuts, ajoutant que Kayishema avait 62 ans et non 61, comme l’avait précédemment déclaré la police sud-africaine.

Smuts a déclaré que l’affaire d’immigration et de fraude contre Kayishema devrait être suspendue pendant que sa demande d’asile était examinée. Le porte-parole du ministère public sud-africain, Eric Ntabazalila, a contesté cette démarche et a déclaré que la demande d’asile n’avait aucune incidence sur l’affaire pénale de l’inculpé.

Cependant, toute extradition sera probablement retardée d’au moins deux mois après que le juge a reporté le procès sud-africain de Kayishema jusqu’au 18 août. Il n’a plaidé coupable d’aucun des chefs d’accusation et reste en détention provisoire en attendant la prochaine audience.

La Rédaction

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