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Niger : le président Mohamed Bazoum renversé par un coup d’Etat militaire

Des militaires putschistes ont annoncé mercredi soir à la télévision nationale avoir renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis 2021.

« Nous, forces de défense et de sécurité (FDS), réunies au sein du CNSP, avons décidé de mettre fin au régime que vous connaissez », celui du président Bazoum, a déclaré le colonel-major Amadou Abdramane, entouré de neuf autres militaires en tenue. « Cela fait suite à la dégradation continue de la situation sécuritaire, la mauvaise gouvernance économique et sociale », a-t-il ajouté, annonçant la suspension de « toutes les institutions ».

Il a ensuite affirmé « l’attachement » du CNSP au « respect de tous les engagements souscrits par le Niger », rassurant également « la communauté nationale et internationale par rapport au respect de l’intégrité physique et morale des autorités déchues conformément aux principes des droits humains ».

Fermeture des frontières et couvre-feu instauré

« Toutes les institutions issues de la VIIe République sont suspendues, les secrétaires généraux des ministères se chargeront de l’expédition des affaires courantes, les forces de défense et de sécurité gèrent la situation. Il est demandé à tous les partenaires extérieurs de ne pas s’ingérer », indique en outre la déclaration. La déclaration des putschistes semble indiquer que tous les corps de l’armée, de la police et de la gendarmerie se sont ralliés à la garde présidentielle.

Par ailleurs, « les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à la stabilisation de la situation » et « un couvre-feu est instauré à compter de ce jour de 22 heures à 5 heures [21 heures à 4 heures GMT] du matin sur toute l’étendue du territoire jusqu’à nouvel ordre ».

Situation quelque peu confuse

Tout a commencé ce mercredi 26 juin au matin par ce que la présidence nigérienne a qualifié de « mouvement d’humeur » de la garde présidentielle. Celle-ci a retenu le président, et l’armée nigérienne a lancé « un ultimatum » à ce dernier.

Des pourparlers entre le président Bazoum et la garde présidentielle pour tenter de trouver une solution ont eu lieu, sans que l’on sache quelles étaient les exigences des militaires. Ils ont toutefois échoué.

Selon les dernières informations disponibles, Mohamed Bazoum est toujours détenu, ce jeudi 27 juillet au matin, par la garde présidentielle. Les partis de la coalition au pouvoir à Niamey ont dénoncé mercredi « une folie suicidaire et anti républicaine », affirmant que « certains éléments de la garde présidentielle ont séquestré le président de la République et sa famille ainsi que le ministre de l’Intérieur », Hamadou Adamou Souley.

                                                       
Les partisans du président déchu lui témoignent leur soutien le 26 juillet 2023 à Niamey                   

La garde présidentielle a dispersé en fin de journée à Niamey par des tirs de sommation des manifestants favorables au président Bazoum. Les manifestants tentaient de s’approcher de la présidence où le chef de l’État est retenu quand ils ont été dispersés.

Refus d’obtempérer

« Les acquis obtenus de haute lutte seront sauvegardés. Tous les Nigériens épris de démocratie et de liberté y veilleront », a déclaré M. Bazoum dans un message publié jeudi matin sur Twitter, rebaptisé X, quelques heures après que des militaires ont annoncé sur la télévision nationale l’avoir renversé.

« Nous sommes les autorités légitimes et légales », a de son côté déclaré sur France 24 Hamoudi Massoudou, chef de la diplomatie nigérienne et chef du gouvernement par intérim en l’absence du Premier ministre qui était en déplacement au moment du putsch.

« Il y a eu une tentative de coup d’Etat », mais « ce n’est pas la totalité de l’armée qui a engagé ce coup d’Etat », a assuré M. Massoudou depuis Niamey. « Nous demandons à ces officiers factieux de rentrer dans les rangs. Tout peut s’obtenir par le dialogue mais il faut que les institutions de la République fonctionnent », a-t-il poursuivi.

Il a également lancé « un appel à l’ensemble des patriotes et démocrates nigériens pour qu’ils se lèvent comme un seul homme pour dire non à cette action factieuse qui tend à nous ramener 10 ans en arrière et à bloquer les progrès de notre pays ».

La Rédaction

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