A LA UNE MADAGASCAR Société

La présidence malgache lâche sa directrice de cabinet arrêtée à Londres

La présidence malgache a annoncé, ce lundi 14 août dans l’après-midi, mettre fin aux fonctions de sa directrice de cabinet, Romy Andrianarisoa, arrêtée à Londres jeudi pour suspicion de corruption. En poste depuis six mois, la désormais ex-cheffe de cabinet n’était pas en mission pour l’État malgache, a fait savoir la présidence, qui se désolidarise de son ancienne collaboratrice.

La Présidence de la République a publié hier un communiqué en indiquant que le directeur du cabinet de Andry Rajoelina a officiellement pris ses droits de congé du mercredi 9 août jusqu’au 22 août. Les autorités ignoreraient ainsi les raisons de son déplacement au Royaume-Uni selon la Présidence.

« Les autorités suivront avec la plus grande attention les avancées de cette enquête (…). Nous sommes convaincus qu’une franche collaboration permettra de mettre la lumière sur cette affaire et faire prévaloir la vérité », conclut la présidence malgache.

De son côté, Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG) a publié un communiqué lundi matin. L’organisation affirme suivre de près et avec intérêt le développement de l’affaire impliquant Romy Andrianarisoa.

Depuis 2019 et sur la base de recherches approfondies, TI-MG n’a eu de cesse d’alerter l’opinion publique sur les risques de corruption prévalant dans le processus d’octroi de permis miniers à Madagascar ; des risques à la prévalence réelle, tel qu’illustré par ce cas précis-ci, souligne TI-MG dans son communiqué.

En attendant la tenue du procès des prévenus au Royaume-Uni le 8 septembre prochain et tout en respectant la présomption d’innocence, TI-MG tient à rappeler que c’est dans de telles circonstances que les dispositions de l’article 9 de la loi n°2016-020 du 01er juillet 2016 contre la corruption auraient dû s’appliquer, si elles avaient été promulguées. Cet article 9 mort-né disposait en effet que « L’exercice d’un mandat électif ou d’une fonction aux hauts emplois de l’Etat est incompatible avec une poursuite pénale pour l’une quelconque des infractions prévues à la présente loi. Tout agent public tel que défini à l’article premier de la présente loi, doit être suspendu de ses fonctions ou de son mandat jusqu’à une décision définitive de justice, nonobstant le principe de présomption d’innocence (…) ».

« Madame Andrianarisoa est bel et bien un agent public, et il est attendu de l’Etat malgache qu’il prenne les mesures qui s’imposent en conséquence, mais lesquelles ? Ce vide juridique, cet article 9 arraché au pilier de la lutte contre la
corruption à Madagascar, interpelle quant au manque de volonté politique (très en amont de la présente affaire) de sanctionner les détenteurs de pouvoir, tous échelons confondus, soupçonnés ou inculpés de corruption et assimilés.
», poursuit TI-MG.

Pourquoi s’évertuer à protéger de telles personnes ? Pourquoi favoriser ainsi l’impunité ? Ces dernières années – et cette affaire ne fait que le confirmer, il y a eu de nombreux scandales successifs liés à la corruption impliquant des agents de l’Etat et des élus de la République, fustige TI-MG

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X