Les électeurs gabonais sont appelés aux urnes ce samedi pour des élections présidentielles, législatives et locales qui, espère l’opposition, contrecarreront la candidature du président Ali Bongo à un troisième mandat et mettront fin aux 56 ans d’emprise de sa famille sur le pouvoir.

Albert Osso Onda, candidat consensuel de la plateforme Alternance 2023
Le scrutin a débuté tôt le matin avec 19 candidats en lice pour la présidentielle, bien que six des principaux partis d’opposition aient soutenu un candidat commun dans le but de mieux peser face au président sortant Ali Bongo.
Le vote est un test très attendu du soutien à Bongo. Ses détracteurs estiment qu’il n’a pas fait assez pour canaliser la richesse pétrolière du Gabon vers le tiers de ses 2,3 millions d’habitants vivant dans la pauvreté et remettent en question son aptitude à gouverner après un accident vasculaire cérébral en 2018.
Bongo, 64 ans, a cherché à réfuter cette image au cours d’une vaste campagne électorale. Il a promis de créer davantage d’emplois, de stimuler les programmes de microcrédit et de réduire les frais de scolarité publics.
La préparation au scrutin s’est déroulée sans heurts, mais nombreux sont ceux qui craignent que la période post-électorale ne soit marquée par des troubles similaires aux manifestations qui ont éclaté après la victoire de Bongo en 2016. L’opposition a perturbé ses deux victoires électorales précédentes, affirmant qu’il avait gagné frauduleusement.
Les récents changements apportés au système électoral pourraient également compliquer les conséquences. Il s’agit notamment de l’introduction d’un scrutin unique qui oblige les électeurs à choisir un candidat à la présidentielle et un député du même parti.
Le camp de Bongo l’a positionné comme le grand favori pour remporter la course, même s’il n’y a pas eu de sondage fiable.
Sa principale menace vient du candidat de l’opposition commune Albert Ondo Ossa, 69 ans, professeur d’économie et de gestion qui a fait campagne sur la nécessité d’un changement et de meilleures opportunités économiques. Ce discours pourrait trouver un écho dans un pays où un jeune sur trois est au chômage et où la grande majorité de la population n’a connu que le règne de Bongo.
Vendredi, de grandes foules ont assisté aux derniers rassemblements de Bongo et d’Ondo Ossa à Libreville, la capitale.
« J’ai 67 ans, je peux vous dire que je n’ai jamais vu un tel engouement pour un candidat. Je suis convaincu que cette année il y aura l’alternance au Gabon », a déclaré le retraité Alain Moussavou lors du rassemblement de l’opposition.
La Rédaction