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Au Gabon, le tombeur d’Ali Bongo s’appelle Brice Clotaire Oligui Nguema

Le général Brice Clotaire Oligui Nguema est le nouvel homme fort du Gabon suite au coup d’état intervenu ce mercredi. Patron de la garde républicaine depuis 2020, Nguema a été aux affaires avant même l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir puisque le général est le dernier aide de camp du président Omar Bongo avant sa disparition en 2009.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montraient des soldats scandant des slogans hissant le général Oligui sur leurs épaules à l’extérieur du complexe présidentiel et frappant du poing en l’air.

Le général Oligui a ensuite traversé Libreville où il a été accueilli par des foules de partisans du coup d’État en liesse, certains criant « liberté !

« Merci, merci », a déclaré le putschiste à un arrêt, avant de repartir.

Qui est Brice Oligui Nguema ?

A l’arrivée du pouvoir d’Ali Bongo, il connait un exil diplomatique. « Il a passé 9 ans au Sénégal comme attaché militaire à l’ambassade du Gabon », indique un journaliste gabonais.

Cet officier, fils de militaire, a été formé à l’académie royale militaire de Meknès au Maroc, selon le site Ecomatin.

Suite à l’accident vasculaire cérébral du président Ali Bongo en 2018, Brice Clotaire Oligui Nguema revient aux affaires. Il est à la tête de Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) avant d’être promu patron de la garde républicaine en 2020. Il ne tarde pas à imposer sa marque.

« Il renforce le dispositif de protection d’Ali Bongo, mais sa réforme la plus marquante est sans doute le développement de la Section des Interventions Spéciales (S.I.S – une unité spéciale placée sous l’autorité directe d’Ali Bongo, ndlr) qu’il fait passer d’une trentaine à plus de 300 éléments (avec près de 100 tireurs de précision !), qu’il dote d’équipements de pointe… », ajoute Ecomatin.

Fin du règne de la famille Bongo

Les Bongos dirigent le Gabon depuis plus d’un demi-siècle. M. Bongo, 64 ans, s’apprête à entamer son troisième mandat depuis qu’il est devenu président en 2009. Il succède à son père, Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967.

Le vote du week-end dernier a été tendu, avec de vives allégations de fraude de l’opposition et la crainte que, comme lors de nombreuses élections précédentes au Gabon, cela ne se termine par des violences. De nombreuses personnes avaient quitté la capitale pour le week-end, craignant des troubles. Après la fermeture des bureaux de vote, le gouvernement a imposé un couvre-feu nocturne et restreint l’accès à Internet.

Mercredi vers 3 heures du matin, l’autorité électorale nationale a déclaré à la télévision que M. Bongo avait remporté l’élection avec 65 pour cent des voix. Son principal rival, Albert Ondo Ossa, a obtenu 31 pour cent.

Quelques instants plus tard, des coups de feu ont été entendus dans le centre de la ville, ont indiqué des habitants. Peu de temps après, les officiers mutins, se faisant appeler Comité de transition et de restauration des institutions, sont apparus sur Gabon 24 et ont annoncé qu’ils « mettaient fin au régime ».

Dénonçant ce qu’il a qualifié de « gouvernance irresponsable et imprévisible » sous M. Bongo, un porte-parole du groupe a déclaré à la télévision : « Peuple gabonais, nous sommes enfin sur le chemin du bonheur ».

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