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49 morts dans une attaque des djihadistes au nord du Mali

Deux attaques perpétrées jeudi par des insurgés liés à Al-Qaida dans le nord du Mali ont tué 49 civils et 15 soldats gouvernementaux, a déclaré le pouvoir militaire du pays.

Un bateau à passagers près de la ville de Tombouctou sur le fleuve Niger et une position militaire malienne à Bamba plus en aval dans la région de Gao ont été visés, selon un communiqué du pouvoir militaire lu à la télévision d’État. Il a indiqué que les attaques ont été revendiquées par le JNIM, une coalition de groupes armés affiliés à Al-Qaïda.

« Le Gouvernement de Transition a le profond regret d’informer l’opinion que ce jeudi 07 septembre 2023, le Bateau « TOMBOUCTOU » et la position des Forces Armées Maliennes (FAMa) de Bamba, dans la Région de Gao, ont fait l’objet d’attaques revendiquées par les terroristes du « Groupe de Soutien à l’islam et aux Musulmans » précise le communiqué.

L’armée malienne a tué environ 50 assaillants en ripostant aux attaques, indique le communiqué. Il a également déclaré trois jours de deuil national à partir de vendredi pour honorer les civils et les soldats tués dans les attaques.

Les groupes affiliés à Al-Qaïda et liés à l’État islamique ont presque doublé le territoire qu’ils contrôlent au Mali en moins d’un an, ont indiqué les Nations Unies dans un rapport le mois dernier, en profitant de la faiblesse du gouvernement et des groupes armés qui ont signé l’ccord de paix de 2015.

Le blocage de la mise en œuvre de l’accord de paix et les attaques soutenues contre les communautés ont offert au groupe EI et aux affiliés d’Al-Qaida une chance de « reproduire le scénario de 2012 », ont-ils déclaré.

C’est l’année où un coup d’État militaire a eu lieu dans ce pays d’Afrique de l’Ouest et où les rebelles du nord ont formé un État islamique deux mois plus tard. Les rebelles extrémistes ont été chassés du pouvoir dans le nord avec l’aide d’une opération militaire menée par la France, mais ils se sont déplacés du nord aride vers le centre du Mali, plus peuplé, en 2015 et restent actifs.

Tombouctou est bloquée par des groupes armés depuis fin août, lorsque l’armée malienne a déployé des renforts dans la région. Les insurgés empêchent l’approvisionnement de la ville du désert en biens de première nécessité.

Plus de 30 000 habitants ont fui la ville et la région voisine, selon un rapport publié en août par l’agence humanitaire des Nations Unies.

Ces attaques meurtrières surviennent alors que l’ONU se prépare à retirer du Mali sa mission de maintien de la paix, la MINUSMA, forte de 17 000 hommes, à la demande du gouvernement. Le retrait devrait être achevé d’ici la fin de l’année.

L’ONU a déployé des soldats de la paix en 2013 et la MINUSMA est devenue la mission de l’ONU la plus dangereuse au monde, avec plus de 300 morts.

L’insécurité croissante au Mali a accru l’instabilité dans la région du Sahel en Afrique de l’Ouest. Le Mali a connu deux coups d’État depuis 2020 au cours desquels l’armée a promis de mettre fin aux violences djihadistes.

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