A LA UNE Diplomatie NIGER

L’arrestation d’un ressortissant français au Niger exacerbe les relations déjà tendues entre la France et son ancienne colonie

La France appelle les autorités du Niger «à la libération immédiate» de Stéphane Jullien. Le conseiller des Français de l’étranger installé dans le pays a été arrêté le 8 septembre dernier à Niamey pour des raisons encore floues, alors qu’il sortait de l’ambassade de France.

Le conseiller vit au Niger depuis une vingtaine d’années et avait décidé de ne pas quitter le territoire au moment de l’évacuation des ressortissants français début août.

Dans son communiqué, la diplomatie française affirme être mobilisée « depuis le premier jour (…) pour assurer la protection consulaire » à Stéphane Jullien, mais ce n’est que ce mardi qu’elle a annoncé sa détention au Niger. Le ressortissant français, conseiller des Français de l’étranger, faisait le lien entre l’ambassade et les ressortissants résidant au Niger.

Le 8 septembre dernier, il est arrêté dans son véhicule alors qu’il sort de la représentation française. Les forces de sécurité nigériennes procèdent à une fouille et y trouvent plusieurs affaires, dont des uniformes aux couleurs de l’armée du Burkina Faso. Une découverte qu’elles estiment suspecte et qui conduit à l’interpellation du conseiller, toujours détenu à la Maison d’arrêt de Niamey.

L’arrestation d’un responsable français ne manquerait pas d’augmenter encore les tensions déjà fortes entre la France et le Niger, son ancienne colonie.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que l’ambassadeur de France resterait à son poste au Niger malgré sa demande de départ. S’adressant aux ambassadeurs en août, Macron a rejeté les craintes selon lesquelles tenir tête au nouveau pouvoir pourrait être dangereux.

L’ambassadeur de France Sylvain Itte a été invité à quitter le Niger dans les 48 heures dans une lettre du 25 août du ministère nigérien des Affaires étrangères qui l’accusait d’avoir ignoré une invitation à une rencontre avec le ministère. La lettre citait également « des actions du gouvernement français contraires aux intérêts du Niger ».

La France n’a toujours reconnu que l’autorité de Bazoum. Il est toujours détenu par la junte, qui fait désormais l’objet de sanctions de la part des puissances occidentales et régionales africaines.

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