Le pouvoir de transition au Burkina Faso a décidé d’expulser l’attaché militaire de l’ambassade de France dans le pays. Le responsable a quinze jours pour quitter le territoire burkinabè.
Le gouvernement a « décidé de retirer l’agrément de M. Emmanuel Pasquier, attaché de défense près l’ambassade de France au Burkina Faso, pour activités subversives ». C’est ce qu’a indiqué le ministère burkinabè des Affaires étrangères.
Dans une note de la diplomatie burkinabè, datée du 14 septembre, les autorités du Burkina Faso indiquent qu’Emmanuel Pasquier et son personnel disposent de deux semaines pour quitter le pays.
La note ne donne pas de détails sur les faits reprochés à Emmanuel Pasquier. Le service de défense de l’ambassade du Burkina Faso à Paris a été fermé avec effet immédiat.
Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré qu’il étudiait les informations faisant état de cette expulsion et qu’il ne pouvait pas commenter dans l’immédiat.
L’expulsion de l’attaché Emmanuel Pasquier est le dernier signe de tensions croissantes entre ce pays d’Afrique de l’Ouest et son ancienne puissance coloniale, la France, depuis qu’un gouvernement militaire a pris le pouvoir lors de deux coups d’État l’année dernière.
Le gouvernement de transition du Burkina Faso a déjà ordonné le départ de l’ambassadeur de France et celui de la haute responsable des Nations Unies Barbara Manzi. Il y a également eu une répression contre les médias français.
Le sentiment anti-français s’est accru depuis que le Burkina Faso est tombé sous régime militaire en janvier 2022. Plusieurs manifestations d’opposants à la présence militaire française ont eu lieu, en partie liées au sentiment que la France n’a pas fait assez pour lutter contre l’insurrection djihadiste qui s’est propagée ces dernières années.
L’insécurité prolongée a conduit à l’instabilité politique et a déclenché deux coups d’État militaires au Mali, deux au Burkina Faso et un au Niger depuis 2020.