Les rebelles touaregs du nord du Mali ont annoncé dimanche avoir saisi une autre base militaire appartenant à l’armée malienne à la suite de combats dans le nord du pays.
Cette base militaire est la quatrième d’une série d’attaques menées depuis août par l’alliance rebelle, appelée Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), après le départ de la mission de maintien de la paix de l’ONU qui a contribué pendant des années à maintenir un calme fragile.
Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole de la CMA, a déclaré dimanche à Reuters que celle-ci avait pris le contrôle de la base militaire de Bamba, dans la région de Gao. Il n’a donné aucun autre détail.
L’armée malienne a déclaré dans un message publié sur le réseau social X que « des combats intenses contre les terroristes étaient en cours dans la localité de Bamba », ajoutant que plus de détails suivraient.
L’attaque du CMA contre Bamba, après celles contre les bases militaires de Léré, Dioura et Bourem au cours des dernières semaines, signale une intensification des affrontements alors que les deux parties cherchent à contrôler les territoires dans le centre désertique et au nord du pays, au moment même où les forces de maintien de la paix de l’ONU se retirent.
L’armée malienne est également la cible d’attaques d’insurgés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Les Touaregs se plaignent depuis longtemps de la négligence du gouvernement et recherchent l’autonomie pour la région désertique qu’ils appellent Azawad.
Un soulèvement touareg en 2012 a été détourné par des groupes islamistes qui ont ensuite été chassés des principales villes par une intervention menée par la France en 2013.
La CMA a signé un accord de paix avec le gouvernement précédent et les milices pro-gouvernementales en 2015. Mais les tensions ont refait surface depuis que l’armée a consolidé son pouvoir lors de deux coups d’État en 2020 et 2021, s’est associée à l’entrepreneur militaire russe Wagner Group et a chassé les forces françaises et les milices pro-gouvernementales ainsi que les Casques bleus de l’ONU.
Reuters