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Éthiopie : le FMI revoit à la baisse les prévisions gouvernementales de croissance économique

Les projections de croissance économique de l’Éthiopie ont fait l’objet de rapports contrastés, le Fonds monétaire international (FMI) prévoyant un taux de croissance inférieur à celui du gouvernement.

Selon les projections récemment publiées par le FMI, l’Éthiopie devrait atteindre un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,1 % d’ici la fin 2023, avec un taux de croissance de 6,2 % prévu pour 2024. Le FMI a également fait état d’un taux de croissance de 6,4 % pour l’Éthiopie en 2022.

Ces chiffres diffèrent des données officielles du gouvernement, qui faisaient état de performances et de perspectives économiques plus robustes. Lors d’une session conjointe de la Chambre des représentants du peuple (HOPR) et de la Chambre de la Fédération (HOF) tenue la semaine dernière, la présidente Sahle-Work Zewde a annoncé que le pays avait atteint une croissance économique de 7,5 % au cours de l’exercice 2022/23, concluant ainsi le 7 juillet 2023. La présidente a également exprimé l’objectif du gouvernement d’atteindre un taux de croissance économique de 7,9 % d’ici la fin de l’exercice en cours.

Malgré les disparités entre les données du FMI et celles du gouvernement, l’Éthiopie devrait surpasser d’autres économies d’Afrique de l’Est comme le Kenya et l’Ouganda, qui devraient connaître une croissance de 5 % et 4,6 %, respectivement, en 2023.

Le Mozambique devrait atteindre le taux de croissance le plus élevé de la région, soit 7 %, suivi de près par la République démocratique du Congo (RDC) avec 6,7 % et par le Rwanda et la Côte d’Ivoire avec 6,2 %. Toutefois, le rapport souligne que l’Afrique subsaharienne devrait connaître une baisse de sa croissance pour la deuxième année consécutive, avec un taux estimé à 3,3% en 2023.

Le rapport du FMI souligne que l’année 2023 a posé des problèmes aux économies d’Afrique subsaharienne, en partie à cause du choc inflationniste provoqué par la guerre russe en Ukraine. Ce conflit a entraîné une hausse des taux d’intérêt mondiaux, entraînant un ralentissement de la demande internationale, une augmentation des spreads et des pressions soutenues sur les taux de change.

D’ici fin 2023, l’inflation devrait rester à deux chiffres dans 14 pays, y compris les plus grandes économies de la région comme l’Éthiopie, le Ghana et le Nigeria. Le FMI prévoit également que le taux d’inflation continuera d’augmenter dans cinq pays (Angola, Burkina Faso, Guinée équatoriale, Niger et Seychelles) en 2024.

Selon le Service éthiopien des statistiques, l’inflation continue d’être une préoccupation importante en Éthiopie, atteignant 28,8 % en juillet 2023. Le taux d’inflation des produits alimentaires est particulièrement inquiétant, qui s’élève à 27 %.

Dans son discours aux parlementaires, le Premier ministre Abiy Ahmed a récemment reconnu que l’inflation élevée était le problème le plus critique auquel l’Éthiopie était confrontée. Pour résoudre ce problème, la Banque nationale d’Éthiopie a présenté un plan d’action détaillé en août 2023, visant à ramener l’inflation en dessous de 20 % d’ici 2024 et à la réduire encore en dessous de 10 % d’ici 2025.

Le gouvernement entend atteindre ces objectifs en mettant en œuvre des politiques monétaires plus strictes, notamment en limitant la croissance annuelle du crédit intérieur à 14 % et en réduisant considérablement les avances directes de la banque centrale au gouvernement fédéral.

Malgré les attentes du gouvernement, le rapport du FMI indique que les pressions inflationnistes pourraient continuer à augmenter dans des pays comme l’Éthiopie, qui connaissent une pénurie de devises étrangères et une baisse rapide de la valeur de leur monnaie.

L’Éthiopie est l’un des pays au monde aux prises avec une dépréciation significative de sa monnaie. Des données récentes du Troubled Currencies Project, qui surveille les taux de change sur les marchés noir et au comptant, indiquent que le birr éthiopien s’est déprécié de près de 40 % par rapport au dollar américain depuis janvier 2022.

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