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Guinée : une manifestation des journalistes réprimée par la police

Une manifestation des journalistes a été réprimée lundi à Conakry. Le Syndicat de la presse privée de Guinée (SPPG) avait appelé la profession à une marche dans le centre de la capitale pour réclamer la levée des restrictions imposées aux sites d’information Guineematin.com, Depecheguinee.com et inquisiteur.net.

Cela devait être une marche pacifique, au départ du rond-point du port autonome de Conakry. « Il y avait un dispositif important de la police et de la gendarmerie qui nous ont sommé de quitter les yeux » explique Abdoul Latif Diallo, le directeur de publication du site Dépêche Guinée. Il était au rassemblement organisé par le syndicat de la presse. Un rassemblement rapidement dispersé par les forces de l’ordre qui avait été mobilisées en nombre dans le centre-ville. 

« Ils nous ont repoussé, ils nous ont piétiné, il y en a d’autres qui ont été frappés », poursuit Abdoul Latif Diallo. Armés de leurs lance-grenades, des agents tirent des gaz lacrymogènes.  

En milieu de journée, le syndicat des journalistes a fait une déclaration à la bourse du travail. « Il y a eu treize journalistes syndicalistes interpelés. Le SPPG (Syndicat des professionnels de la presse de Guinée) condamne avec la dernière énergie cette interpellation brutale et inhumaine et attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la violation grave de la liberté de la presse en Guinée, pourtant consacrée dans la charte de la transition », a déclaré le SPPG.

Les journalistes ont été libérés peu après 17 heures. Leur procès doit s’ouvrir la semaine prochaine. Ils sont accusés d’attroupement illégal. 

Le président de l’Union des forces républicaines (UFR) a réagi aussi à la répression dont les journalistes ont fait l’objet ce lundi 16 octobre, pendant qu’ils organisaient une marche pacifique pour dénoncer des restrictions subies par certains sites d’information.

Dans une publication faite sur sa page Facebook, Sidya Touré revient sur les péripéties de la liberté de la presse avant de qualifier de recul le traitement reservé à la presse ce matin.

« Nous nous sommes battus en 2005 pour faire de la liberté de la presse une réalité en Guinée ; il ne saurait avoir une véritable Démocratie sans une presse libre. »

C’est pourquoi, selon l’ancien premier ministre et membre du FNDC politique, « la violence proférée, ce lundi, contre des journalistes suivie de l’arrestation de 14 d’entre eux, est un recul. »

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