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Au Soudan, le chef des FSR exige un véritable engagement de Burhan pour parvenir à la paix

Mohamed Hamdan Daglo Hemetti, le chef des Forces de soutien rapide (FSR), a déclaré qu’il ne s’engagerait en faveur d’un éventuel accord de paix que si l’armée soudanaise montrait des signes tangibles de sa volonté de conclure un accord de paix et s’abstenait de l’utiliser comme prétexte pour de nouveaux préparatifs militaires.

Dans une vidéo diffusée jeudi soir, Hemetti s’est adressé à une nouvelle cohorte de forces des FSR à Khartoum, soulignant l’importance des négociations en cours à Djeddah. Il a souligné son soutien à une paix authentique, rejetant tout effort de paix trompeur ou peu sincère.

Hemetti a clairement indiqué que les FSR ne toléreraient pas un accord de paix permettant à l’armée soudanaise de se procurer des avions, des drones ou de former du personnel supplémentaire pour la mobilisation. Il a également accusé l’armée soudanaise de recruter des mercenaires étrangers.

Les négociations de Djeddah entre l’armée soudanaise et les FSR ont repris jeudi de la semaine dernière, après l’interruption de fin mai, lorsque la délégation de l’armée s’est retirée en raison du refus des FSR d’accéder à leur demande de retrait des zones urbaines.

Plusieurs sources ont rapporté que les négociations sont actuellement dans l’impasse, principalement en raison de problèmes liés aux mesures de confiance et au retrait des FSR des régions urbaines.

Hemetti a exhorté ses forces à cibler uniquement ceux qui perturbent la paix et à éviter toute action portant atteinte à la dignité et aux biens des civils vivant dans les zones contrôlées par ses paramilitaires. Il a souligné que ses forces ne blessent pas intentionnellement les civils, mais affrontent plutôt ce qu’il décrit comme des éléments islamistes, parmi lesquels des membres des services de renseignement, des milices du Mouvement islamique et des soldats qui résistent aux appels les incitant à arrêter de combattre.

Hemetti a encouragé les personnes déplacées et les réfugiés à retourner dans leurs régions d’origine, s’engageant à leur fournir une protection. En outre, il a exhorté les habitants des régions sous son contrôle à élire les membres de l’administration locale, à condition qu’aucun des adhérents du Parti du Congrès national dissous ne soit choisi.

Il a également appelé la police à reprendre ses fonctions habituelles dans les zones contrôlées par les FSR, leur assurant que ses forces ne nourrissent aucune hostilité à leur égard.

Les Forces de soutien rapide ont été accusées d’être impliquées dans diverses violations contre des civils, notamment des meurtres, des agressions sexuelles, des enlèvements et des pillages. En outre, l’administration américaine a imposé des sanctions au commandant en second des forces paramilitaires et à son frère pour les crimes de guerre commis à El Geneina.

Hemetti a révélé qu’après avoir pris le contrôle de Nyala, il avait immédiatement ordonné à ses forces de coopérer avec la force conjointe des mouvements armés pour protéger les civils dans la capitale de l’État du Sud-Darfour. Il a conseillé à ces groupes de collaborer avec l’armée dans les régions sous le contrôle de ses troupes.

Lors de son discours, Hemetti a sévèrement critiqué le commandant de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, lui attribuant la responsabilité des coups d’État déjoués pendant la période de transition. Hemetti considérait al-Burhan comme un outil permettant aux islamistes de mettre en œuvre leurs programmes et l’accusait d’avoir libéré les dirigeants islamistes emprisonnés quelques jours seulement avant le déclenchement de la guerre du 15 avril dernier.

En outre, Hemetti a accusé al-Burhan d’avoir orchestré des conflits tribaux dans diverses régions telles que l’État de la mer Rouge, le Nil Bleu, le Darfour et le Kordofan, le tout dans le but de s’accrocher au pouvoir.

Sudan Tribune

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