Le président du Conseil souverain soudanais, Abdel Fattah al-Burhan, et le président kenyan, William Ruto, se sont mis d’accord pour la tenue d’une réunion des dirigeants de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) afin d’accélérer le processus de cessez-le-feu de Djeddah.
La visite d’al-Burhan à Nairobi lundi marque un changement dans la position du gouvernement soudanais, qui avait auparavant rejeté toute implication du Kenya dans les efforts de résolution du conflit.
Dans une déclaration commune publiée après la réunion de Nairobi, al-Burhan et Ruto ont reconnu la lenteur des progrès des négociations de cessez-le-feu à Djeddah et ont souligné la nécessité d’une action urgente. Ils ont en outre convenu de « travailler à la convocation d’un sommet urgent de l’IGAD pour trouver des moyens d’accélérer le processus de Djeddah vers la cessation des hostilités au Soudan ».
Le sommet de l’IGAD visera également à établir un cadre pour un dialogue soudanais inclusif visant à faire face à la crise politique du pays, ajoute le communiqué.
L’IGAD a récemment été impliquée dans le processus de Djeddah, mais les récentes négociations n’ont pas abouti à un accord de cessez-le-feu en raison de désaccords entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) sur le redéploiement des forces. L’armée insiste sur le retrait des forces paramilitaires des villes pour protéger les civils, tandis que les FSR refusent d’abandonner le contrôle des zones urbaines.
La visite d’Al-Burhan à Nairobi ouvre la voie à un rôle plus important de l’IGAD dans la résolution de la crise soudanaise.
Lors d’une réunion à Nairobi le 6 septembre, le quatuor de l’IGAD, composé de Djibouti, de l’Éthiopie, du Kenya et du Soudan du Sud, a renouvelé son appel en faveur d’une « approche structurée » des négociations de paix au Soudan et de « consultations inclusives » avec les acteurs civils. Ils ont souligné la nécessité pour l’IGAD et l’Union africaine de collaborer avec les pays voisins du Soudan et ont exhorté les acteurs internationaux à soutenir une plateforme unifiée et inclusive dirigée par l’IGAD-UA.
Yasir Arman, un membre éminent des Forces pour la liberté et le changement (FFC), a publié une déclaration sur X saluant la réunion al-Burhan-Ruto. Il a qualifié leur première rencontre de « pas dans la bonne direction » par rapport à l’approche militaire prônée par les islamistes de l’ancien régime.
Cette visite exige que le général al-Burhan adopte une nouvelle approche globale pour corriger les graves erreurs liées à l’organisation du coup d’État du 25 octobre et à la guerre. Ce sont deux crimes que le Congrès national (Parti) soutient », a ajouté Arman dans un communiqué.
Il a souligné l’importance d’utiliser cette visite pour consolider les perspectives des pays voisins, en particulier de l’IGAD, en faveur de la paix au Soudan. Cet alignement devrait être harmonisé avec l’initiative saoudo-américaine, les négociations de Djeddah et l’initiative des pays voisins menée par l’Égypte.
Les islamistes soudanais de l’ancien régime sont accusés d’avoir incité au coup d’État du 25 octobre 2021 qui a renversé le gouvernement civil de transition et déclenché le conflit en cours entre l’armée et les FSR.