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Au Sénégal, l’opposant Ousmane Sonko réintégré dans ses droits civiques

Le chef de l’opposition sénégalaise, Ousmane Sonko, a reçu jeudi la notification d’être réintégré sur la liste électorale, ce qui pourrait lui permettre de se présenter à l’élection présidentielle de février.

La décision du tribunal de première instance a annulé un arrêt de novembre de la Cour suprême qui interdisait de fait la candidature du chef de l’opposition détenu. L’État dispose de 10 jours pour faire appel, mais n’a pas encore précisé s’il le fera.

« La loi et la vérité étaient avec nous. Ousmane Sonko sera réintégré sur les listes et il participera à l’élection présidentielle », a déclaré son avocat, Bamba Cissé.

Pour se présenter à la présidence, Sonko doit déposer sa candidature avant le 26 décembre. Les candidats éligibles seront annoncés dans les deux premières semaines de janvier et la saison électorale débutera le mois suivant.

Sonko a terminé troisième à l’élection présidentielle de 2019, et ses partisans estiment que les nombreuses allégations criminelles portées contre lui depuis 2021 font partie d’une campagne orchestrée visant à faire dérailler ses aspirations politiques à l’approche de l’élection présidentielle de février.

En juin, Sonko a été reconnu coupable de corruption de jeunes, mais acquitté des accusations de viol sur une femme qui travaillait dans un salon de massage et de menaces de mort à son encontre. Il a été condamné à deux ans de prison, ce qui a déclenché des manifestations meurtrières à travers le pays.

Fin juillet, les autorités sénégalaises ont officiellement dissous le parti politique de Sonko et l’ont placé en détention. Il fait désormais face à des accusations d’appel à l’insurrection, de complot contre l’État et d’autres crimes présumés.

Le parti de Sonko a annoncé le 19 novembre qu’il parrainait un autre candidat pour l’élection présidentielle de février, quelques jours seulement après que la Cour suprême du Sénégal ait effectivement bloqué la candidature de Sonko.

Décision à effet immédiat

Quelques supporteurs de Ousmane Sonko rassemblés dans le tribunal ont accueilli cette nouvelle dans la liesse, scandant le nom de l’opposant.

L’un de ses avocats, Me Ciré Clédor Ly, a affirmé que l’État pouvait déposer un recours devant la Cour suprême, mais que « ce recours n’est pas suspensif ». « Le code électoral est très clair. Lorsque le juge rend sa décision, cette décision doit être immédiatement exécutée », a-t-il assuré.

Ousmane Sonko a été écroué fin juillet sous d’autres chefs d’inculpation, dont appel à l’insurrection, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et atteinte à la sûreté de l’État.

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