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Le Mali rappelle son ambassadeur en Algérie pour consultations

Le Mali a rappelé son ambassadeur en Algérie après avoir accusé les autorités algériennes d’ingérence dans ses affaires intérieures en rencontrant des chefs rebelles, ont annoncé vendredi des responsables, intensifiant les tensions diplomatiques entre les deux voisins sur les efforts visant à mettre fin à la rébellion armée dans le nord du Mali.

La junte malienne a annoncé qu’elle retirait d’Algérie l’ambassadeur Mahamane Amadou Maiga « pour consultation avec effet immédiat », selon une lettre de l’ambassade du Mali au ministère algérien des Affaires étrangères.

L’Algérie a été le principal médiateur dans les efforts de paix entre le Mali et les rebelles touaregs locaux, dont la campagne séparatiste dans le nord a plongé le pays dans un violent conflit depuis plus d’une décennie. En 2012, ils ont délogé l’armée malienne de la ville, déclenchant une série d’événements qui ont déstabilisé le pays.

L’Algérie a joué un rôle clé dans la signature d’un accord de paix en 2015 entre le Mali et les rebelles – un accord qui a échoué après que les deux parties se sont mutuellement accusées de ne pas le respecter.

Plus tôt dans la semaine, le Mali a convoqué le plus haut diplomate algérien « pour exprimer de vives protestations suite aux récents actes hostiles des autorités algériennes sous couvert du processus de paix au Mali », a déclaré le gouvernement.

« Ces actes constituent une ingérence dans les affaires intérieures du Mali », a déclaré le Bureau malien de l’information et de la presse, exhortant l’Algérie « à donner la priorité au dialogue avec les autorités maliennes ».

En réponse, l’Algérie a convoqué jeudi le plus haut diplomate du Mali et a exhorté le pays à « se joindre aux efforts actuellement entrepris par l’Algérie pour donner (à l’accord) un nouvel élan », selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères.

Il a défendu les rencontres avec les chefs rebelles, ajoutant qu’elles « s’intègrent parfaitement » dans les efforts de l’Algérie pour faire respecter l’accord et contribuer à l’instauration de la paix au Mali.

Selon le ministre algérien des affaires étrangères, « les contributions historiques de l’Algérie au renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité en République du Mali, ont de tout temps été fondées sur trois principes fondamentaux auxquels notre pays demeurera intrinsèquement lié ».

Il s’agit, d’abord, de « l’attachement ferme de l’Algérie à la souveraineté de la République du Mali, à son unité nationale et à son intégrité territoriale », a indiqué M. Attaf, soulignant, par là même, « la conviction profonde de l’Algérie que seules les voies pacifiques sont à même de garantir la paix, la sécurité et la stabilité en République du Mali de manière constante, durable et pérenne ».

De ces principes émanent, poursuit le ministre, un troisième fondement qui n’est autre que « la réconciliation nationale, loin des divisions et des discordes récurrentes entre les enfants du même pays », et qui demeure, selon lui, « le moyen idoine permettant à l’Etat malien de s’engager dans un processus inclusif et fédérateur sans discrimination, ni favoritisme ou exclusion ».

Le différend entre les deux pays pourrait menacer davantage les efforts de paix au Mali, où de nouveaux affrontements ont éclaté entre le gouvernement militaire et les rebelles touaregs ces derniers mois.

Les analystes estiment que ces développements pourraient entraîner davantage de violence dans une région déjà menacée par des combattants liés à Al-Qaida et où les forces françaises et les soldats de maintien de la paix des Nations Unies se sont retirés ces derniers mois.

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