La Cour suprême du Sénégal a statué vendredi contre l’opposant Ousmane Sonko dans son appel pour diffamation, portant un nouveau coup dur à ses espoirs de concourir à l’élection présidentielle du mois prochain, ont indiqué des avocats.
Sonko, 49 ans, fait face à diverses poursuites judiciaires depuis 2021. Celles-ci ont entravé ses projets de briguer la présidence lors du vote du 25 février et provoqué des troubles qui ont porté atteinte à la réputation du Sénégal comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique de l’Ouest.
Après des délibérations qui se sont étendues de jeudi jusqu’aux premières heures de vendredi, le tribunal a rejeté l’appel de Sonko contre la condamnation du mois de mai, ce qui lui a valu une peine de six mois avec sursis pour diffamation, ont indiqué les avocats impliqués dans l’affaire.
Selon la loi sénégalaise, Sonko ne peut pas participer à la course présidentielle tant que cette condamnation est confirmée.
« Nous venons d’enregistrer une grande victoire. La peine (…) est maintenue, Ousmane Sonko ne pourra donc pas participer au scrutin », a déclaré à la radio l’avocat du plaignant, El Hadji Diouf.
L’équipe juridique de Sonko a déclaré que le revers n’était pas définitif. « Le combat va continuer », a déclaré son avocat Cire Clédor Ly aux journalistes devant le tribunal de Dakar, la capitale.
Il n’y a eu aucun signe immédiat de protestation publique en réponse à cette décision.
La saga judiciaire de Sonko a commencé lorsqu’il a été accusé de viol en 2021, déclenchant des troubles meurtriers à travers le pays qui ont depuis éclaté sporadiquement à la suite de diverses décisions de justice.
Il nie tout acte répréhensible et affirme que toutes les accusations portées contre lui sont politiquement motivées. Le gouvernement s’y oppose et accuse Sonko d’attiser la violence. Il a dissous son parti Pastef en juillet.
« Personne ne doute de l’aspect politique de cette affaire qui vise à éliminer le leader de l’opposition », a déclaré le porte-parole de Pastef, El Malick Ndiaye, commentant le dernier jugement.
« Sonko reste toujours en course », a-t-il déclaré à la radio nationale.
Après s’être classé troisième à l’élection présidentielle sénégalaise de 2019, Sonko est considéré comme un challenger potentiel de taille dans la course à la succession du président Macky Sall.
Sonko a présenté sa candidature le mois dernier après qu’un autre tribunal de la ville méridionale de Zinguichor, où Sonko est maire, a ordonné sa réinscription sur les listes électorales.
Il avait été radié après avoir été arrêté en juillet pour insurrection. Il est depuis en détention.
La commission électorale examine les candidatures et devrait publier une liste finale des candidats élus à la présidentielle d’ici le 20 janvier.