Le tribunal militaire du Niger a accordé, le lundi 08 janvier 2024, la liberté provisoire à Salem, fils du président déchu Mohamed Bazoum retenu avec ses parents au palais de la présidence depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023.
Détenu depuis cette date pour complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité ou la sureté de l’Etat, Salem Mohamed Bazoum vient de bénéficier d’une liberté provisoire. Il répondra, cependant, à la justice chaque fois que de besoin.
Le coup d’État, l’un des huit en Afrique de l’Ouest et du Centre depuis 2020, a été largement condamné, a conduit à des sanctions de la part de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et a suscité de nombreux appels à la libération de Bazoum et au retour à un régime démocratique.
Dans un communiqué rendu public le lundi 08 janvier, la présidence togolaise, membre du collectif de médiation mis en place par la CEDEAO, s’est félicitée de cette libération.
« Le Chef de l’Etat du Niger a décidé , ce 08 janvier 2024, de la libération, à titre humanitaire, de Salem Mohamed Bazoum, fils de l’ancien président Mohamed Bazoum’’ peut-on lire sur le communiqué de la présidence togolaise qui a tenu à remercier le général Abdourahamane Tiani, les membres du CNSP, ainsi que le premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine pour ‘’leur ferme volonté et leur engagement à œuvrer pour l’apaisement, socle d’une paix durable et d’une reprise effective du développement dans le pays frère du Niger ».
Le tribunal n’a pas fourni de détails sur le sort des parents de Salem.
La Cour de justice de la CEDEAO a jugé le mois dernier que la détention de la famille était arbitraire et a ordonné la réintégration de Bazoum. Le tribunal, dont les décisions sont sans appel, a donné un mois aux autorités putschistes pour dire comment elle exécutera l’ordonnance, ont indiqué les avocats.
Bazoum et son fils ont été inculpés après le coup d’État du 26 juillet. Salem a été accusé de complot visant à porter atteinte à l’autorité ou à la sécurité de l’État.
La famille n’a pas eu accès à l’eau courante ni à l’électricité, selon le parti de Bazoum et ses proches. Les avocats de la famille avaient précédemment déclaré qu’ils n’avaient pas été autorisés à rencontrer un magistrat ni informés d’éventuelles poursuites judiciaires à leur encontre.