Les électeurs comoriens sont appelés, ce dimanche, à choisir leur nouveau président. Le chef de l’État sortant, Azali Assoumani, brigue un nouveau mandat et fait figure de favori après la mise à l’écart de plusieurs membres de l’opposition.
Le scrutin a débuté à 08h00 (05h00 GMT) dans tout l’archipel de l’océan Indien, avec 338.940 électeurs inscrits sur une population de 800.000 habitants. Fin du vote à 18 heures.
Les Comores ont connu une vingtaine de coups d’État ou tentatives de coup d’État depuis qu’elles ont obtenu leur indépendance en 1975 et constituent une source majeure de migration irrégulière vers l’île française voisine de Mayotte.
À Dzahadjou-Hambou, une ville située à 20 km de la capitale Moroni, le vote a commencé avec un léger retard, un responsable électoral ayant déclaré que cela était dû à l’arrivée tardive du matériel de vote.
Certains dirigeants de l’opposition ont appelé au boycott, accusant la commission électorale de favoriser le parti au pouvoir. La commission nie cela, affirmant que le scrutin sera transparent.
Assoumani, un ancien officier de l’armée, est arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en 1999. Depuis, il a remporté trois élections et a présidé l’Union africaine l’année dernière.
Il a remporté les élections de 2019 avec 60 % des voix, dépassant ainsi la barre des 50 % requise pour éviter un second tour. Les critiques affirment que depuis lors, son gouvernement a réprimé la dissidence, une accusation qu’il nie.
L’ancien président Ahmed Abdallah Sambi a été condamné à la prison à vie en 2022 pour haute trahison liée à des accusations de corruption. Les manifestations politiques ont été interdites à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité.
Les Comores ont modifié leur constitution en juin 2018 pour supprimer l’exigence selon laquelle la présidence tourne entre ses trois îles principales tous les cinq ans. Cela a permis à Assoumani de se faire réélire.
Parmi les opposants d’Assoumani figurent un ancien ministre de l’Intérieur et Salim Issa, médecin et porte-drapeau de Juwa, le parti de Sambi.
Les dirigeants de l’opposition appellent au boycott et leurs partisans souhaitent que les forces armées soient empêchées de participer aux élections et que soient libérées sans condition Sambi et les autres prisonniers politiques.
Les résultats provisoires sont attendus vendredi, selon la commission électorale.