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Aux Comores, les autorités imposent un couvre-feu suite à des violences post-électorales

Un couvre-feu nocturne a été instauré, mercredi 17 janvier aux Comores après des heurts entre protestataires et forces de l’ordre dans la capitale. Ces violences interviennent au lendemain de l’annonce de la victoire du président sortant Azali Assoumani à un troisième mandat, dès le premier tour, émaillée de « fraudes », selon l’opposition.

« Un couvre-feu a été instauré », a annoncé dans la soirée à la télévision nationale le délégué à la Défense, Youssoufa Mohamed Ali. Selon le décret paru dans la foulée, la mesure qui entre en vigueur immédiatement place Moroni sous couvre-feu entre 19 h (16 h GMT) et 6 h (3 h GMT), ainsi que le reste du territoire entre 22 h (19 h GMT) et 6 h. 

Plus tôt dans la journée, des mouvements de contestation ont été constatés dans plusieurs points de la capitale. « Il a volé le vote, c’est notre pays », crie un manifestant. « On est fatigué, c’est maintenant ou jamais », enchaîne un autre, encore plus fort.

Plusieurs bâtiments ont été incendiés, dont la maison d’un ministre. Puis des barricades de pneus et de branches érigées au milieu de la ville, la route de l’aéroport coupée, un dépôt alimentaire pillé : la tension monte subitement puis redescend dans les différents quartiers au gré des interventions des militaires, gendarmes et policiers. Ils roulent à toute allure, usent de leur gaz lacrymogène et procèdent à de nombreuses arrestations.

Assoumani a remporté un quatrième mandat de cinq ans après que le corps électoral du pays l’a déclaré mardi vainqueur des élections de dimanche contre cinq opposants.

L’armée a tiré mercredi des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants dans les rues de la capitale Moroni, alors que les manifestants étaient toujours dans les rues du nord de la capitale aux premières heures de jeudi.

Un porte-parole du gouvernement comorien a accusé les partisans d’avoir perdu des candidats lors des manifestations.

« Ce sont des choses qui arrivent ici et ailleurs, surtout quand nous sommes battus et que nous contestons les résultats », a déclaré le porte-parole du gouvernement comorien, Houmed Msaidie. Il a indiqué que plusieurs manifestants avaient été arrêtés.

Les opposants d’Assoumani ont déclaré que l’élection avait été entachée de fraude électorale, affirmant qu’il y avait eu des cas de bourrage d’urnes et que le vote s’était terminé avant l’heure officielle de clôture. Le gouvernement a nié ces accusations.

Assoumani dirige les Comores depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en 1999. Il a recueilli 62,97 % des voix lors des dernières élections, selon la commission électorale nationale.

Avec une population d’environ 800 000 habitants, les Comores ont connu une vingtaine de coups d’État ou tentatives de coup d’État depuis leur indépendance de la France en 1975 et constituent une source majeure de migration irrégulière vers l’île française voisine de Mayotte.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé au calme et a appelé les autorités à faire preuve de retenue à la suite des manifestations.

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