Au milieu de l’escalade de la violence et des abus généralisés perpétrés par les Forces de soutien rapide (FSR), on estime que 60 % des habitants ont fui le camp d’Abu Shouk à El-Fasher, dans le Nord Darfour.
Le camp, qui abrite environ 400 000 personnes déplacées, a été envahi mercredi par les FSR, déclenchant une vague de meurtres, de pillages, d’arrestations et d’incendies criminels, notamment dans les sections 27 et 28.
Adam Rijal, porte-parole de la Coordination des personnes déplacées et des réfugiés au Darfour, a déclaré à la presse locale que l’exode a commencé tôt jeudi matin, avec des milliers de personnes fuyant les sections nord du camp « vers des zones inconnues ». Rijal a détaillé les nombreuses violations subies par les résidents, notamment les pillages, les vols et les tirs directs sur les maisons.
Les déplacements massifs sont alimentés à la fois par les actions brutales des FSR et par les bombardements aveugles du camp par les deux parties au conflit. Les FSR ont finalement été repoussées d’Abou Shouk par une force conjointe de mouvements armés et repoussées jusqu’à la Porte du Mali.
Pendant ce temps, d’intenses affrontements persistent près d’Abu Shouk et du camp voisin de Naivasha, faisant de nombreux blessés et détruisant des maisons. Des témoins oculaires rapportent l’utilisation d’armes lourdes, alors que le conflit ne montre aucun signe de ralentissement.
El-Fasher, la capitale du Nord Darfour, est plongée depuis deux semaines dans un conflit sanglant entre l’armée, les mouvements armés alliés et les FSR, faisant un lourd bilan parmi les civils. Fait surprenant, une position de l’armée dans le nord d’El-Fasher s’est brusquement retirée, invoquant une pénurie de munitions, permettant par inadvertance aux FSR d’infiltrer le camp d’Abou Shouk.
Dans un effort pour renforcer l’armée et ses alliés, une source militaire a révélé qu’une opération de largage aérien réussie a livré du matériel militaire à El-Fasher. Cependant, la situation sur le terrain reste désastreuse, la crise humanitaire s’aggravant alors que des milliers de personnes déplacées cherchent refuge et sécurité.
Sudan Tribune