Le président béninois Patrice Talon a exprimé jeudi son incompréhension face au maintien de la fermeture de la frontière côté Niger, qui entrave les échanges commerciaux entre les deux pays, et en particulier l’exportation du pétrole nigérien via le littoral béninois.
Les relations entre les voisins ouest-africains sont tendues depuis qu’un coup d’État de juillet 2023 au Niger a conduit l’organisation régionale, la CEDEAO, à imposer des sanctions économiques pendant plus de six mois.
Les flux commerciaux dans la région devaient se normaliser après la levée des sanctions, mais le Niger a maintenu ses frontières fermées aux marchandises en provenance du Bénin.
« Il faut que les autorités nigériennes annoncent officiellement que la fermeture de leurs frontières terrestres fait exception au pétrole », a déclaré Patrice Talon, lors d’une conférence de presse.
« Une telle clarification serait susceptible de permettre un traitement juridique différencié du pétrole venant du Niger. A défaut de ce minimum, toutes formalités douanières de transit du pétrole restent légalement impossibles entre le Bénin et le Niger », a ajouté le président béninois.
Il a indiqué que la délégation nigérienne n’a apporté aucune réponse aux inquiétudes exprimées à Niamey par son ministre des mines, Samou Seidou Adambi.
« Au moment où je vous parle, je n’ai reçu aucune précision ou information de la part de nos frères nigériens dans le sens attendu par tous », a déclaré Talon.
Le 15 mai, le Bénin est revenu provisoirement sur sa décision de bloquer les exportations de pétrole nigérien via son port et a accepté de tenir une réunion entre les deux pays, avait alors déclaré Adambi.
Mais aucune solution à long terme n’a encore été trouvée.
Talon a déclaré qu’il avait écrit une « lettre d’apaisement » au président de transition nigérien Abdourahamane Tchiani et demandé à Adambi de la remettre en personne, mais que Tchiani n’avait pas reçu le ministre.
« Je fais le tour du monde pour demander aux gens de venir investir en Afrique… et me voilà, témoin de ce qui rend les investisseurs réticents », a déclaré Talon dans son discours télévisé.
« Mais je garde espoir que l’apaisement des relations entre le Niger et le Bénin ne tardera plus, car il n’y a aucune raison de justifier la méfiance et l’attitude de nos frères du Niger ; le temps de protestation et de sanctions en raison du coup d’État qui a eu lieu lieu au Niger est révolu. »