L’Égypte, l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Éthiopie ont assisté lundi pour la première fois à une réunion officielle des BRICS lors d’une rencontre organisée par la Russie.
La réunion de lundi était la première réunion ministérielle après l’expansion des BRICS en 2023, lorsque l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont rejoint le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud en tant que membres à part entière des BRICS.
Un communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion indique que les ministres des Affaires étrangères des BRICS ont réaffirmé leur engagement à renforcer le cadre du partenariat stratégique des BRICS sous les trois piliers de la coopération : politique et sécurité, économie et finance, culture et échanges entre les peuples.
Les ministres ont réitéré leur engagement en faveur du multilatéralisme et du respect du droit international, y compris des buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies (ONU) comme pierre angulaire indispensable, ainsi que du rôle central de l’ONU dans un système international dans lequel les États souverains coopèrent pour maintenir la paix et la sécurité internationales, faire progresser le développement durable, assurer la promotion et la protection de la démocratie, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous.
Ils ont exprimé leur soutien à une réforme globale de l’ONU, y compris de son Conseil de sécurité, en vue de la rendre plus démocratique, représentative, efficace et efficiente.
Les ministres ont réaffirmé le rôle important du G20 en tant que premier forum de coopération économique internationale et ont salué et soutenu l’inclusion de l’Union africaine en tant que membre du G20 lors du sommet du G20 à New Delhi.
Les ministres ont réitéré que les présidences consécutives du G20 de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud au cours de la période 2023-2025 ont jeté des bases solides pour lutter contre les inégalités, les déséquilibres et les lacunes de l’économie mondiale, ont exprimé leur soutien à la continuité et à la collaboration dans leurs présidences du G20 et leur ont souhaité à tous plein succès dans leurs efforts.
Exprimant leur préoccupation face aux conflits en cours dans de nombreuses régions du monde, les ministres ont réitéré leur engagement en faveur du règlement pacifique des différends par la diplomatie, le dialogue inclusif et les consultations de manière coordonnée et coopérative et ont soutenu tous les efforts propices au règlement pacifique des crises.
Les ministres ont rappelé leurs positions nationales concernant la situation en Ukraine et aux alentours, telles qu’exprimées dans les enceintes appropriées, y compris le Conseil de sécurité de l’ONU, et ont noté avec satisfaction les propositions pertinentes de médiation et de bons offices visant à une résolution pacifique du conflit par le dialogue et la diplomatie, indique le communiqué.
Les ministres des BRICS « ont exprimé leur profonde préoccupation face à la détérioration de la situation dans le territoire palestinien occupé, en particulier l’escalade sans précédent de la violence dans la bande de Gaza à la suite de l’opération militaire israélienne qui a entraîné des déplacements massifs de civils, des morts et des blessés, et destruction des infrastructures civiles », souligne le communiqué.
Les ministres ont appelé à la mise en œuvre effective de la résolution 2728 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour un cessez-le-feu immédiat, durable et soutenu. Ils ont également appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages et civils illégalement détenus. Ils ont exprimé leur grave préoccupation face aux attaques croissantes d’Israël contre Rafah, indique le communiqué.
Ils ont réaffirmé leur rejet de toute tentative visant à déplacer, expulser ou transférer par la force le peuple palestinien de ses terres.
Ils ont réaffirmé leur soutien à l’adhésion à part entière de la Palestine aux Nations Unies et ont réitéré leur engagement inébranlable en faveur de la vision d’une solution à deux États fondée sur le droit international, y compris les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’AGNU et l’Initiative de paix arabe qui comprend l’établissement d’un État souverain et indépendant, et viable, conforme aux frontières internationalement reconnues de juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Israël.
Les ministres ont souligné la nécessité d’un règlement pacifique urgent en Afghanistan afin de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.
Ils ont condamné fermement tout acte de terrorisme, le qualifiant de « criminel et injustifiable, quelle que soit sa motivation, à tout moment, en tout lieu et par qui qu’il soit », et ont réaffirmé leur engagement à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, y compris le terrorisme transfrontalier …
« Ils ont réitéré que le terrorisme ne devrait être associé à aucune religion, nationalité, civilisation ou groupe ethnique et que tous ceux qui sont impliqués dans des activités terroristes et ceux qui les soutiennent doivent être tenus pour responsables et traduits en justice conformément au droit international », indique le communiqué.
Les ministres ont exprimé la nécessité de renforcer globalement les mécanismes visant à contrer l’utilisation croissante, dans une société mondialisée, par les terroristes et leurs partisans des technologies émergentes et en évolution telles que l’Internet et d’autres technologies de l’information et de la communication, y compris les plateformes de médias sociaux, à des fins terroristes.
Ils ont également appelé toutes les parties à mettre pleinement en œuvre la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et son Accord de Paris, indique le communiqué.
Ils s’opposent aux mesures protectionnistes unilatérales, qui perturbent délibérément les chaînes mondiales d’approvisionnement et de production et faussent la concurrence, indique le communiqué.
Les ministres ont exprimé leur soutien à un « système commercial multilatéral ouvert, transparent, juste, inclusif, équitable, non discriminatoire et fondé sur des règles » avec l’Organisation mondiale du commerce en son centre, avec un traitement spécial et différencié (TSD) pour les pays en développement.
Les ministres ont également souligné l’importance d’une utilisation accrue des monnaies locales dans les transactions commerciales et financières entre les pays des BRICS.
La Russie a pris la présidence d’un an des BRICS le 1er janvier 2024.