Les participants à la réunion préparatoire à un dialogue politique inter soudanais facilitée par l’Union africaine et l’IGAD ont officiellement exclu l’ancien Parti du Congrès national (NCP) au pouvoir de la participation au processus politique de l’après-guerre.
Cette décision a été prise à l’issue de la première réunion préparatoire, à laquelle ont participé environ 20 groupes représentant les blocs politiques, les partis, la société civile et la jeunesse.
Les participants ont convenu que la première phase du dialogue se concentrerait sur des questions cruciales telles que la mise en place d’un cessez-le-feu, la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire et l’établissement d’un cadre de transition. Une deuxième phase est prévue pour approfondir les préoccupations plus larges en matière de construction de l’État, notamment l’établissement d’un État fondé sur les principes de citoyenneté, de démocratie, de justice et de paix durable. Garantir les droits humains de tous les citoyens et réformer les institutions étatiques sont également des priorités majeures.
La séance de clôture a connu des retards en raison de désaccords sur la condamnation des Forces de soutien rapide et de leurs soutiens internationaux, ainsi que sur la formation d’un gouvernement intérimaire ou technocratique. Cependant, après des discussions avec l’envoyé de l’Union africaine au Soudan, Mohamed Belaiche, un consensus a été atteint sur une déclaration finale et un ordre du jour.
Moubarak Ardol, un dirigeant éminent du bloc démocrate, a précisé que le dialogue se voulait inclusif, excluant uniquement les individus faisant face à des accusations ou à des condamnations judiciaires, en particulier ceux liés au génocide, aux crimes contre l’humanité ou aux crimes de guerre. Cela inclut implicitement le PCN, qui a été dissous et interdit en vertu de la Déclaration constitutionnelle.
Ardol a souligné que les discussions de la réunion étaient centrées sur la fin du conflit en cours, la mise en œuvre de l’accord de Djeddah et le lancement de négociations directes pour unifier et réformer le secteur de la sécurité du Soudan. Les participants ont également exprimé leur ferme soutien à l’acheminement sans restriction de l’aide humanitaire, en particulier dans la région durement touchée des monts Nouba, dans le Kordofan méridional.
Dans son discours d’ouverture, Mohamed Chambas, chef du Groupe de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan, a déclaré que la réunion préparatoire de cinq jours visait à favoriser la bonne volonté et à faciliter le dialogue entre les factions politiques soudanaises et les groupes de la société civile. Il a souligné que la réunion faisait partie d’un effort plus large visant à résoudre pacifiquement le conflit au Soudan et à ouvrir la voie à un dialogue inter soudanais inclusif. Chambas a affirmé l’engagement de l’Union africaine en faveur de la non-ingérence, déclarant que l’ordre du jour et les sujets de la réunion étaient déterminés uniquement par les participants eux-mêmes.
Chambas a indiqué que cette réunion fait partie d’une série de consultations qui auront lieu avec d’autres acteurs politiques et civils soudanais qui n’ont pas pu participer cette fois-ci. Il a fait allusion à la coalition Tagadum, au SPLM-N dirigé par Abdel Aziz al-Hilu et au Mouvement de libération du Soudan d’Abdel Wahid al-Nur. Ils ont boycotté la réunion pour protester contre l’implication du PCN.
Chambas a souligné qu’une solution militaire à la crise soudanaise n’est pas viable et que la poursuite des combats ne fera qu’entraîner davantage de souffrances et de pertes en vies humaines. Ce sentiment a été repris par l’envoyé de l’IGAD au Soudan, Lawrence Korbandy, qui, dans son intervention, a souligné la nécessité urgente de poursuivre les efforts pour parvenir à la stabilité. Korbandy a confirmé que le dialogue se poursuivrait avec ceux qui n’avaient pas participé au premier cycle de préparation du dialogue.
Korbandy a averti que le conflit s’est étendu à des zones auparavant sûres, provoquant le déplacement de milliers de personnes, et a réitéré son appel à des négociations inconditionnelles entre les parties belligérantes. Il a exprimé sa profonde préoccupation face à l’escalade de la situation dans l’État du Nil Bleu, qu’il a qualifié d’« extrêmement dangereux » et risquant de donner lieu à de nouvelles violences.
Le diplomate sud-soudanais a qualifié la crise humanitaire de grave et sur le point de s’effondrer totalement, notant que les bombardements aériens et d’artillerie ont considérablement aggravé le sort du peuple soudanais. Il a appelé à une conférence globale pour remédier à la fracture politique, mettre fin à la guerre et empêcher l’effondrement complet du pays, soulignant l’importance d’impliquer les acteurs politiques et civils dans la recherche d’une solution.
Korbandy a mis en garde contre la prolifération d’initiatives non coordonnées de la part des partenaires internationaux et régionaux, affirmant que ce manque de cohésion, associé aux divisions politiques existantes, exacerbe une situation déjà complexe.
Dans le même ordre d’idées, l’ambassadeur Noureddine Sati, coordinateur de la réunion préparatoire, a reconnu que des désaccords sont apparus entre les participants mais ont été résolus à l’amiable, aboutissant à une séance de clôture réussie et à une déclaration finale unifiée.
Sati a souligné que les participants ont déterminé collectivement la vision, les agendas, le calendrier et les participants du dialogue, ainsi que les stratégies permettant d’obtenir le soutien international et régional.
Sudan Tribune