En Afrique du Sud, l’ancien président Jacob Zuma, chef du parti uMkhonto Wesizwe (MK), était absent à son audience du Comité national de discipline (NDC) de l’ANC, qui s’est tenue virtuellement mercredi.
Le porte-parole de MK, Nhlamulo Ndhlela, a confirmé que Zuma avait délégué son allié et l’un des plus grands critiques du président Cyril Ramaphosa, Tony Yengeni, membre de l’ANC, pour le représenter. Les statuts de l’ANC permettent en effet à toute personne faisant l’objet de poursuites disciplinaires d’être représentée par un membre en règle du parti.
Un haut responsable de l’ANC a déclaré que l’audience avait commencé à 11h30 sans Zuma mais avec Yengeni, qui avait pour mission de persuader la direction du NDC de reporter l’audience et de la tenir physiquement au siège du parti, Luthuli House à Johannesburg.
Mercredi soir, le parti MK a publié un communiqué affirmant que Yengeni avait assisté à l’audience pour transmettre le message selon lequel Zuma préférait une audience en personne, comme cela avait été convenu précédemment entre lui et l’ANC. Zuma souhaitait non seulement une audience physique, mais aussi qu’elle soit ouverte au public.
« Après un long débat, le NDC a décidé que l’affaire se poursuivrait sur la plateforme virtuelle. Le NDC a cependant accordé le report afin de permettre à Yengeni de transmettre le résultat au président Zuma et de permettre la tenue d’une conférence préparatoire à l’audience.
L’audience a alors été reportée au 23 juillet 2024, a indiqué le parti MK.
« Le président Zuma est très heureux de se voir accorder cette opportunité. Naturellement, entre-temps, il consultera son représentant et les autres parties prenantes concernées avant de prendre une décision sur la prochaine ligne de conduite », a déclaré le parti.
Zuma fait face à deux accusations, toutes deux liées au parti MK, pour lequel Zuma a annoncé qu’il ferait campagne en décembre 2023, soit cinq mois avant les élections générales du 29 mai.
La première accusation concerne la violation de l’article 25.17.17.4 des statuts de l’ANC, en agissant « au nom ou en collaboration avec une organisation ou un parti politique autre qu’une organisation ou un parti de l’alliance de l’ANC d’une manière contraire aux objectifs, politiques et objectifs de l’ANC ».
La deuxième accusation est que Zuma a enfreint l’article 25.17.13 pour avoir « adhéré ou soutenu une organisation politique ou un parti autre qu’une organisation alliée à l’ANC, d’une manière contraire aux buts, objectifs et politiques de l’ANC ».
L’ANC a suspendu Zuma en janvier pour avoir activement contesté l’intégrité du parti en faisant campagne pour le déloger du pouvoir. La décision de suspendre Zuma a été prise à l’unanimité par le Comité exécutif national (NEC) de l’ANC.
C’était après l’annonce publique de Zuma qu’il ne voterait plus ni ne ferait campagne pour l’ANC dirigé par Cyril Ramaphosa, qu’il accusait d’être contre le progrès des Sud-Africains noirs.