Des centaines de personnes ont défilé vendredi au Tchad pour appeler au retrait des troupes françaises du pays, une semaine après que les autorités ont mis fin à l’accord militaire avec son ancien dirigeant colonial.
Les manifestants dans la capitale, N’Djamena, ont scandé « Tchad pour nous, France dehors ! » avec certains brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Nous ne voulons pas voir un seul Français au Tchad ».
La semaine dernière, le Tchad a annoncé dans un communiqué qu’il mettrait fin à l’accord de coopération en matière de défense avec la France afin de redéfinir ses partenariats stratégiques conformément aux priorités nationales. La France a maintenu environ 1 000 soldats au Tchad.
Certains manifestants se sont rendus vendredi sur une base aérienne militaire où sont stationnés des soldats français et ont appelé à leur départ. D’autres se sont rassemblés devant l’ambassade de France, placée sous la protection renforcée de l’armée tchadienne.
« Nous ne voulons plus de la présence française au Tchad », a déclaré l’ancien ministre de la Santé publique, le Dr Hissein Massar. « Cette protestation cessera une fois que les Français auront quitté le Tchad », a-t-il ajouté.
Le 5 décembre, une première manifestation avec les mêmes slogans avait réuni quelques centaines de personnes à Abéché, une ville commerçante de l’est du pays, « organisée par le maire » et « encouragée par le gouverneur » régional, selon la télévision publique Tchad infos. Il s’agit d’une première pour ce pays sahélien, allié traditionnel de la France et dernier État de la région à accueillir ses soldats, qui a annoncé le 28 novembre sa décision de mettre fin aux accords de sécurité et de défense hérités de l’époque coloniale.
Le Tchad était l’un des derniers pays de la région dans lequel la France maintenait une présence militaire importante, après avoir été chassé ces dernières années du Niger, du Mali et du Burkina Faso après des années de lutte contre les extrémistes islamistes aux côtés des troupes régionales. Ces pays se sont rapprochés de la Russie, qui a déployé des mercenaires dans tout le Sahel, la vaste étendue située au-dessous du désert du Sahara.
Le Tchad a déclaré que la décision de mettre fin à l’accord ne remet en aucun cas en cause ses liens historiques avec la France et qu’il souhaite maintenir des relations dans d’autres domaines d’intérêt commun.