Le ministre des Affaires étrangères de Djibouti a été élu samedi au poste de président de la commission de l’Union africaine. Mahmoud Ali Youssouf a battu Raila Odinga, ancien Premier ministre du Kenya, et Richard Randriamandrato, ancien ministre des Affaires étrangères de Madagascar.
L’UA compte 55 États membres. Les présidents ou chefs de gouvernement choisissent le chef de la commission, qui est en réalité le directeur général du secrétariat basé à Addis-Abeba qui dirige l’UA.
Youssouf, élu pour un mandat de quatre ans, remplace le Tchadien Moussa Faki, qui occupait ce poste depuis 2017.
Le résultat est un coup dur pour le célèbre Odinga, qui cherchait le soutien de ses alliés au pays et à l’étranger. Odinga, 80 ans, a brigué la présidence du Kenya à cinq reprises en trois décennies, et le poste à l’UA aurait été sa dernière incursion dans les affaires publiques. Sa longue et colorée carrière politique locale a culminé avec son accession au poste de Premier ministre en 2008, après des négociations tendues pour mettre fin aux violences postélectorales au cours desquelles au moins 1 000 personnes ont été tuées au Kenya.
Odinga reste une figure appréciée au Kenya, mais certains considèrent sa récente alliance politique avec William Ruto, l’actuel président du pays, comme une trahison d’un combat de plusieurs décennies pour la bonne gouvernance dans ce pays d’Afrique de l’Est.
En tant que chef de la Commission de l’UA, Youssouf hérite de défis allant de la montée des juntes militaires en Afrique de l’Ouest à une violente rébellion dans l’est du Congo, où les rebelles soutenus par le Rwanda ont conquis de vastes territoires ces derniers jours.
Youssouf est ministre des Affaires étrangères de Djibouti depuis 2005.