Kizza Besigye, opposant ougandais, a été accusé de trahison par un tribunal civil après que son affaire controversée a été transférée d’un tribunal militaire.
La trahison est un crime passible de la peine de mort en Ouganda et s’il est reconnu coupable, l’homme de 68 ans sera condamné à la peine capitale.
Il a été inculpé aux côtés de deux autres suspects, mais ils n’ont pas plaidé coupable au motif que les accusations portées contre eux ne pouvaient être entendues que devant un tribunal supérieur.
Besigye, qui s’est présenté à quatre reprises à la présidentielle contre Yoweri Museveni, est en détention depuis qu’il a été enlevé au Kenya en novembre et ramené en Ouganda pour y être jugé par l’armée. Mais un arrêt de la Cour suprême le mois dernier a déclaré que juger des civils devant des tribunaux militaires était inconstitutionnel et a ordonné le transfert de toutes ces affaires.
Cette décision a provoqué la colère du président Museveni, qui l’a qualifié de « mauvaise décision ».
Au début de la semaine dernière, Besigye avait entamé une grève de la faim suite à son maintien en détention. Il est accusé de complot visant à renverser le pouvoir du président Museveni.
Vendredi, c’était la première fois que Besigye comparait devant un tribunal civil pour des accusations formelles, après la décision de la Cour suprême.
Visiblement fragile, il a été conduit devant le tribunal d’instance de Nakawa, dans la capitale, Kampala, aux côtés de son assistant et co-accusé Obeid Lutale.
L’opposant a désormais mis fin à sa grève de la faim, a déclaré son avocat Erias Lukwago aux journalistes.
Selon l’acte d’accusation présenté au tribunal, Besigye est accusé d’avoir tenu des réunions en Suisse, en Grèce et au Kenya entre 2023 et novembre de l’année dernière dans le cadre d’un complot visant à renverser le gouvernement.
Il a également été accusé d’avoir sollicité un soutien militaire, financier et logistique pour renverser le gouvernement de Museveni. Besigye a été inculpé aux côtés de M. Lutale et de Denis Oola, un officier militaire.
Les accusations antérieures entendues par le tribunal militaire pour possession illégale de munitions et trahison n’ont pas été incluses dans le nouvel acte d’accusation.
Au cours de la procédure, l’avocat de Besigye a demandé au tribunal d’ordonner son transfert dans un meilleur établissement de santé en dehors de la prison, mais la magistrate Esther Nyadoi a rejeté la demande, affirmant qu’elle n’était pas en mesure d’accéder à une telle demande.
Elle a ordonné que l’accusé soit placé en détention provisoire jusqu’au mois prochain pour permettre au procureur de terminer l’enquête.