Le Soudan a déposé une plainte contre les Émirats arabes unis devant la Cour internationale de justice pour avoir violé ses obligations au titre de la Convention sur le génocide en armant les paramilitaires des Forces de soutien rapide, a déclaré jeudi la Cour internationale de justice.
Les Émirats arabes unis ont déclaré qu’ils demanderaient le rejet immédiat de l’affaire, qui, selon eux, n’a « aucune base juridique ou factuelle », a déclaré un responsable des Émirats arabes unis dans un communiqué.
Les accusations sont liées à d’intenses attaques ethniques menées par les FSR et les milices arabes alliées contre la tribu non arabe des Masalit en 2023 au Darfour occidental. Ces attaques ont été qualifiées de génocide par les États-Unis en janvier.
Les responsables soudanais ont souvent accusé les Émirats arabes unis de soutenir les FSR, les rivaux du gouvernement dans une guerre civile qui dure depuis près de deux ans, accusations que les Émirats arabes unis nient mais que les experts de l’ONU et les législateurs américains ont jugées crédibles.
Devant la CIJ, le Soudan allègue que les FSR ont commis « un génocide, des meurtres, des vols de biens, des viols, des déplacements forcés, des intrusions, des vandalismes de biens publics et de multiples violations des droits de l’homme », selon un communiqué de la Cour internationale de justice.
« Selon le Soudan, tous ces actes ont été « perpétrés et rendus possibles par le soutien direct apporté à la milice rebelle des FSR et aux groupes de milices apparentés par les Émirats arabes unis », a-t-elle déclaré.
En réaction, un responsable émirati a déclaré : « Les Émirats arabes unis sont conscients de la récente requête du représentant des forces armées soudanaises auprès de la Cour internationale de justice, qui n’est rien d’autre qu’un coup de publicité cynique visant à détourner l’attention de la complicité établie des forces armées soudanaises (SAF) dans les atrocités généralisées qui continuent de dévaster le Soudan et son peuple. »
Le Soudan et les Émirats arabes unis sont tous deux signataires de la Convention sur le génocide de 1948.
Le Soudan demande à la Cour d’imposer des mesures d’urgence et d’ordonner aux Émirats d’empêcher de tels actes génocidaires.
Alors que la Cour internationale de Justice devrait se prononcer sur les mesures d’urgence dans les semaines à venir, il faudra attendre des années avant que la Cour ne rende un jugement définitif qui pourrait déterminer si un génocide a été commis au Darfour.
Les FSR et les groupes politiques alliés sont en train de mettre en place un gouvernement parallèle à celui, aligné sur l’armée, qui s’est établi à Port Soudan sur la mer Rouge, une initiative rejetée par l’Égypte, l’Arabie Saoudite et le Qatar.
Reuters