Un tribunal algérien a condamné jeudi l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à cinq ans de prison pour atteinte à l’unité nationale, suscitant des « regrets » de la part de la France, qui a appelé à une fin rapide et digne de cette situation.
Sansal est détenu en Algérie depuis novembre et hospitalisé pour des raisons de santé. Les autorités françaises ainsi que d’autres écrivains ont appelé à plusieurs reprises à sa libération.
Les relations entre Paris et Alger se sont détériorées ces derniers mois depuis que la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le territoire contesté du Sahara occidental.
L’arrestation de Sansal, critique de l’islamisme et du gouvernement algérien, ainsi que le refus d’Alger de reprendre les personnes expulsées par les autorités françaises, n’ont fait qu’exacerber les tensions entre la France et l’Algérie.
« Nous regrettons la condamnation à une longue peine de prison de notre compatriote Boualem Sansal », a déclaré Christophe Lemoine, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, dans un communiqué. « Nous réitérons notre appel à une fin rapide, humanitaire et digne de cette situation. »
Une source diplomatique a confirmé la condamnation de Sansal à cinq ans de prison.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait critiqué Sansal, qui vit en France, le qualifiant d’« imposture ».
Sansal critique depuis longtemps les autorités algériennes, mais il se rend régulièrement en Algérie et ses livres y sont vendus sans restriction.
Le tribunal a condamné Sansal à cinq ans de prison et à une amende d’environ 3 700 dollars, a rapporté la chaîne privée Ennahar TV.
Le tribunal l’a accusé d’« atteinte à l’unité nationale et de publication de écrits menaçant la sécurité et la stabilité nationales ». Sansal, qui était présent au tribunal, a nié les accusations et a déclaré qu’il n’avait pas l’intention d’offenser le pays ou les institutions de l’État.
Depuis que la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental l’année dernière, les relations entre Paris et Alger se sont dégradées. L’Algérie soutient le mouvement indépendantiste du Front Polisario, qui réclame un État séparé au Sahara occidental.
L’Algérie a rappelé son ambassadeur à Paris et publié des déclarations condamnant les visites de responsables français sur le territoire.
Alger a refusé d’accueillir ses ressortissants renvoyés chez eux pour ce que la France qualifie de violations du droit français, et maintient Sansal en prison.
Le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a menacé le mois dernier d’une « réponse graduée », commençant par des restrictions pour certains détenteurs de passeports diplomatiques algériens.