L’Alliance des États du Sahel, l’AES, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger a rappelé ses ambassadeurs respectifs en Algérie suite à la destruction d’un drone malien la semaine dernière, a annoncé l’Alliance dimanche soir.
L’AES a imputé la responsabilité de la destruction du drone à l’Algérie sur les réseaux sociaux et l’a condamnée comme un « acte irresponsable » violant le droit international.
Cet acte était « contraire aux relations historiques et fraternelles entre les peuples de la Confédération AES et le peuple algérien », a déclaré le groupe.
Le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, a démenti, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux du ministère malien des Affaires étrangères, les affirmations du gouvernement algérien selon lesquelles le drone aurait violé l’espace aérien algérien de plus de 2 kilomètres. Il a affirmé que « cet acte prouve, s’il en était besoin, que le régime algérien finance le terrorisme international ».
Le Mali a également convoqué dans le communiqué l’ambassadeur d’Algérie, s’est retiré d’un groupe militaire régional vieux de 15 ans qui comprend un autre membre de l’AES, le Niger, et déposera une plainte auprès des « organismes internationaux » au sujet de l’incident.
Cette évolution intervient alors que les tensions s’intensifient entre l’Algérie et ses voisins du sud, dont le Mali.
Le gouvernement malien n’a pas récupéré le drone et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par des rebelles du nord montrent ces derniers en possession des restes d’un drone Akinci de fabrication turque, fabriqué par Baykar, abattu à Tin Zaouatine. Le Mali en a acheté au moins deux à l’entreprise turque l’année dernière et les a utilisés contre des séparatistes armés et contre des combattants liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique.