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Soudan : explosions et incendies dans la ville de Port-Soudan

De multiples explosions et incendies ont été observés et entendus à Port-Soudan, la capitale du Soudan, tôt mardi, a indiqué un témoin. Leurs lieux et causes exacts restent toutefois inconnus, alors qu’une guerre civile secoue cette ville jusque-là calme depuis trois jours.

Des panaches de fumée noire ont pu être aperçus aux abords du principal port maritime du pays, dans la ville où des centaines de milliers de personnes déplacées ont trouvé refuge.

Le conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires a engendré la pire crise humanitaire au monde, une crise susceptible d’être aggravée par les attaques contre Port-Soudan, où des responsables de l’ONU, des diplomates, des agences humanitaires et des ministères proches de l’armée ont établi leur quartier général.

Un grand hôtel situé à proximité de la résidence du dirigeant du pays, le général Abdelfattah al-Burhan, a également été touché lors de l’attaque, a déclaré le témoin.

Les attaques, qui ont débuté dimanche, marquent une forte escalade des combats, la ville côtière de la mer Rouge étant restée épargnée par les attaques terrestres ou aériennes jusqu’à cette semaine.

Dimanche, une base militaire située près du seul aéroport international en activité du Soudan avait été frappée par des drones, suivis lundi par des dépôts de carburant de la ville.

Dans les deux cas, des sources militaires ont imputé la responsabilité des attaques aux FSR. Ces attaques sont survenues après qu’une source militaire a déclaré que l’armée avait détruit un avion et des dépôts d’armes à l’aéroport de Nyala, contrôlé par les FSR. Les FSR n’ont pas revendiqué ces attaques.

Les attaques de cette semaine ont été condamnées par l’Égypte et l’Arabie saoudite, deux pays voisins, et les Nations Unies ont exprimé leur inquiétude.

Depuis avril 2023, le Soudan est en proie à une guerre entre l’armée et les FSR, déclenchée par un différend concernant la transition vers un régime civil. Selon les Nations Unies, ce conflit a déplacé plus de 12 millions de personnes et plongé la moitié de la population dans une situation de famine aiguë.

Deux ans après le début de la guerre, l’armée a réussi à chasser les FSR de la majeure partie du centre du Soudan, et les paramilitaires ont modifié leurs tactiques, passant des incursions terrestres aux attaques de drones ciblant des centrales électriques et d’autres installations situées au cœur du territoire contrôlé par l’armée.

L’armée a poursuivi ses frappes aériennes dans la région du Darfour, bastion des FSR. Les deux forces continuent de se livrer des combats terrestres pour le contrôle d’el-Féchir, capitale de l’État du Darfour-Nord, et d’autres régions, tandis que les lignes de front se durcissent en zones de contrôle distinctes.

Reuters

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