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Les États-Unis veulent que les troupes rwandaises quittent le Congo avant la signature de l’accord de paix, selon des sources

Les États-Unis promeuvent un accord de paix qui exigerait du Rwanda le retrait de ses troupes de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) avant la signature d’un accord final, ont indiqué à Reuters des sources proches du dossier.

Cette condition risque de susciter la colère de Kigali, qui considère les groupes armés au Congo comme une menace directe pour sa sécurité nationale.

Cette proposition s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large des États-Unis, sous l’administration du président Donald Trump, visant à négocier la paix dans cette région riche en ressources et à débloquer des milliards de dollars d’investissements occidentaux. L’est du Congo abrite de vastes réserves de cobalt, de cuivre, de tantale, d’or et de lithium, des minéraux essentiels à la transition énergétique mondiale.

Le Rwanda s’oppose aux termes du projet d’accord

Un projet d’accord de paix, consulté par Reuters, stipule que le Rwanda doit retirer ses troupes, ses armes et son équipement du territoire congolais comme condition de signature. Ce document, dont l’authenticité a été confirmée par quatre sources diplomatiques, a été rédigé par des responsables américains et va au-delà d’une précédente déclaration de principes signée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays en avril, aux côtés du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Cette déclaration engageait les deux parties à résoudre leurs problèmes de sécurité tout en respectant la souveraineté et l’intégrité territoriale. Le nouveau projet accroît considérablement les enjeux et, selon deux sources diplomatiques, le Rwanda n’avait toujours pas répondu officiellement la semaine dernière.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré à Reuters que les délégations des deux pays se réuniraient à Washington cette semaine pour poursuivre les discussions sur l’accord.

Le Congo accuse le Rwanda de retards

Un haut responsable du cabinet du président Félix Tshisekedi a accusé le Rwanda de tergiverser. « Nous exigeons le retrait total des troupes rwandaises comme condition préalable à la signature de l’accord, et nous ne ferons aucun compromis », a-t-il déclaré à Reuters.

Selon des analystes et des diplomates, le Rwanda a déployé entre 7 000 et 12 000 soldats dans l’est du Congo pour soutenir le groupe rebelle M23, qui a pris le contrôle de villes clés lors d’une avancée rapide en début d’année. Kigali a nié fournir des armes ou des troupes au M23, affirmant que toute présence est strictement destinée à la légitime défense contre les milices hutues liées au génocide rwandais de 1994.

Mécanisme de sécurité et dialogue avec le M23 inclus

L’accord rédigé par les États-Unis propose la création d’un mécanisme conjoint de coordination de la sécurité impliquant des observateurs rwandais et internationaux afin de gérer les menaces, notamment la présence continue des milices hutues au Congo. Bien que les analystes estiment que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ne représentent qu’une faible menace aujourd’hui, le Rwanda continue d’invoquer leur présence pour justifier ses opérations transfrontalières.

Il est important de noter que l’accord suggère également à Kinshasa d’autoriser le groupe M23 à participer à un dialogue national « sur un pied d’égalité » avec les autres acteurs armés non étatiques – une demande controversée étant donné que le Congo considère le M23 comme un groupe terroriste lié au Rwanda.

Le document stipule également que le Rwanda « prendra toutes les mesures possibles » pour assurer le retrait du M23 du territoire sous son contrôle, conformément aux conditions définies dans un cadre distinct négocié à Doha.

Le Qatar accueille des pourparlers parallèles avec le M23

Le Qatar a accueilli des pourparlers directs entre le Congo et le M23, mais les progrès ont été limités. Une source informée de ces négociations a déclaré que les deux parties avaient examiné un projet de texte et consulteraient leurs dirigeants respectifs avant de revenir à la table des négociations.

Un représentant rebelle a déclaré à Reuters que peu de progrès avaient été réalisés concernant la revendication clé du retrait territorial total du M23.

Alors que la pression s’intensifie et que la région est depuis longtemps hantée par des cycles de conflits armés, le calendrier ambitieux de Washington – qui vise la signature d’un accord dans les deux mois – reste incertain, mais les diplomates insistent sur la détermination des États-Unis à mener les négociations à terme.

Reuters

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