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Rwanda : l’opposante Victoire Ingabire arrêtée pour « complot visant à renverser le gouvernement »

Au Rwanda, la principale opposante à Paul Kagame a été arrêtée jeudi 19 juin. Victoire Ingabire est accusée d’avoir joué un rôle dans une affaire de déstabilisation de l’État ouverte en 2021. Elle s’était exprimée devant la Haute Cour juste avant son arrestation, niant en bloc toute implication dans ce complot.

Son équipe d’avocats internationaux a qualifié son arrestation de « sans fondement et motivée par des considérations politiques » dans un communiqué.

Le Bureau d’enquêtes du Rwanda (RIB) lie Victoire Ingabire à des allégations de subversion après que son nom a été mentionné dans une affaire pénale en cours contre neuf personnes accusées d’avoir comploté pour renverser le gouvernement du président Paul Kagame.

Le RIB a déclaré enquêter sur son rôle présumé dans la création d’une organisation criminelle.

L’opposante est citée dans l’affaire Sylvain Sibomana, ancien secrétaire général de son parti. Avec huit autres personnes arrêtées en 2021, il est accusé d’avoir organisé des réunions, dont l’objectif était de renverser le pouvoir, clament les autorités rwandaises. En cause notamment, la lecture du livre d’un écrivain serbe intitulé Comment faire tomber un dictateur, quand on est seul, tout petit et sans arme.

Victoire Ingabire a comparu jeudi devant la Haute Cour pour être interrogée par le parquet, qui l’accuse d’avoir communiqué avec les neuf suspects. Parmi les suspects figure un journaliste nommé Théoneste Nsengimana. Les autres sont membres du parti DALFA-Umurinzi dirigé par Victoire Ingabire et non reconnu par les autorités.

Victoire Ingabire dirigeait auparavant le mouvement FDU-Inkingi, une coalition de partis d’opposition qui n’a jamais été autorisée à s’enregistrer auprès du gouvernement.

Ingabire a passé 16 ans en exil aux Pays-Bas et est retournée au Rwanda pour faire enregistrer son mouvement et porter sa candidature à l’élection présidentielle de 2010, mais a été arrêtée avant le début de toute démarche administrative. Elle a ensuite été reconnue coupable de complot visant à porter atteinte au gouvernement et de négation du génocide rwandais de 1994, accusations qu’elle a niées.

Condamnée à 15 ans de prison, elle a été libérée en 2018 après avoir obtenu une grâce présidentielle. Mais Kagame a depuis menacé Ingabire d’un éventuel retour en prison. En 2020, le président a déclaré qu’Ingabire ne devrait pas être choquée si elle était à nouveau incarcérée.

Ses avocats affirment qu’elle n’a commis aucun crime. « Cette nouvelle arrestation n’est que la dernière étape d’une campagne continue de harcèlement et d’intimidation menée par le gouvernement rwandais » contre Ingabire, selon le communiqué de ses avocats.

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