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Sept morts lors des manifestations au Togo, selon des organisations de la société civile

Des associations de défense des droits civiques affirment qu’au moins sept personnes ont été tuées lors de la répression des manifestants qui réclamaient la démission du dirigeant togolais, Faure Gnassingbé, et la libération des prisonniers politiques.

Sept corps ont été retrouvés dans les rivières de la capitale Lomé, selon une coalition appelée Le Front Citoyen Togo Debout, qui accuse les forces de sécurité et les milices d’exactions. Le gouvernement togolais a nié tout lien entre ces décès et les manifestations de la semaine dernière.

Il menace désormais d’engager des poursuites judiciaires contre les organisateurs des manifestations, qualifiant celles-ci de « campagne de désinformation et de haine » orchestrée depuis l’étranger.

La colère monte au Togo en raison de la répression des voix critiques et des modifications de la Constitution, qualifiées de « coup d’État institutionnel » par les critiques et l’opposition.

Ces manifestations surviennent quelques semaines après l’investiture de Gnassingbé, président pendant deux décennies et dont la famille dirige le pays depuis 58 ans, au poste de président du Conseil des ministres, dont le mandat est officiellement illimité.

Les manifestations sont interdites dans le pays depuis 2022, les autorités invoquant des « raisons de sécurité ».

Trois jours de manifestations, menées par des activistes en ligne et des mouvements de jeunes, ont débuté jeudi à Lomé, avant de dégénérer en violence vendredi et samedi.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés par la police antiémeute sur les manifestants, qui les ont bombardés de pierres et de projectiles.

Des manifestants antigouvernementaux déterminés ont affronté les forces de sécurité dans des affrontements de rue dans plusieurs quartiers considérés comme des bastions de l’opposition, notamment à Bè, où la police a pourchassé les manifestants jusque dans leurs repaires.

Une coalition de 23 associations togolaises de défense des droits civiques – connue sous le nom de Plateforme nationale pour l’espace civique et l’efficacité du développement – ​​a depuis demandé aux autorités d’ouvrir des enquêtes sur la répression policière sanglante.

Elles ont condamné ce qu’elles ont qualifié de « recours à une force disproportionnée contre des manifestants pacifiques », ajoutant que « manifester pacifiquement est un droit fondamental, reconnu tant par la Constitution togolaise que par les instruments internationaux ratifiés par notre pays ».

Dimanche, le calme était revenu dans la majeure partie de Lomé, les commerces ayant rouvert au marché central d’Assigamé et les commerces fonctionnant normalement.

Le récent changement de régime orchestré par le président togolais continue d’alimenter le ressentiment. Outre le nouveau poste qu’il peut conserver à vie, la réforme constitutionnelle au Togo a mis fin aux élections présidentielles et instauré un système parlementaire.

L’arrestation et l’internement psychiatrique du rappeur togolais Narcisse Essowè Tchalla, alias Aamron, le mois dernier, ont déclenché l’indignation publique, aboutissant à plus de 50 arrestations lors des manifestations du début du mois. Bien que la plupart d’entre eux aient été libérés, au moins trois personnes restent en détention.

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