Le Rwanda et la République démocratique du Congo se sont mis d’accord vendredi sur les grandes lignes du cadre d’intégration économique régionale, selon le Département d’État américain, alors que les deux pays progressent vers la concrétisation de l’accord de paix signé à Washington en juin dernier.
Les principes convenus vendredi résument le cadre, qui comprend des éléments de coopération dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des chaînes d’approvisionnement en minéraux, des parcs nationaux et de la santé publique, a indiqué le Département d’État dans un communiqué.
Le Rwanda et le Congo ont signé un accord de paix à Washington en juin lors de négociations menées par l’administration du président américain Donald Trump. Cet accord vise à mettre fin aux combats qui ont fait des milliers de morts et à attirer des milliards de dollars d’investissements occidentaux dans une région riche en tantale, or, cobalt, cuivre, lithium et autres minéraux.
Dans le cadre de l’accord, Kinshasa et Kigali ont convenu de lancer un cadre d’intégration économique régionale dans un délai de 90 jours, précise l’accord.
Une source proche du dossier a indiqué qu’un avant-projet de cadre avait été approuvé et qu’une période de consultation serait désormais prévue pour recueillir les réactions du secteur privé et de la société civile avant sa finalisation.
Le cadre devrait être signé lors d’une réunion des chefs d’État à la Maison Blanche. Aucune date n’a encore été fixée pour cette réunion, a précisé la source.
Dans leur déclaration de vendredi, le Rwanda et le Congo ont affirmé que chaque pays exerçait un « contrôle souverain et total » sur l’exploitation, la transformation et l’exportation de leurs ressources naturelles et ont reconnu l’importance de développer les capacités de traitement et de transformation des minéraux dans chaque pays, selon une copie consultée par Reuters.
Kinshasa considère le pillage de ses richesses minérales comme l’un des principaux moteurs du conflit entre ses forces et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, dans l’est du Congo.
Reuters a rapporté en mai que des minéraux congolais tels que le tungstène, le tantale et l’étain, que Kinshasa accuse depuis longtemps le Rwanda voisin d’exploiter illégalement, pourraient être exportés légalement vers le Rwanda pour y être transformés, selon les termes de l’accord négocié par les États-Unis, selon certaines sources.
Les deux pays s’engagent à faire en sorte que le commerce des minerais ne finance plus les groupes armés et à créer un secteur minier industriel de classe mondiale dans la région, ainsi qu’à assurer une meilleure interopérabilité transfrontalière des chaînes d’approvisionnement en minerais, selon le communiqué.
Nouvelles infrastructures
Ils ont également convenu de connecter de nouvelles infrastructures au corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis, soulignant ainsi l’objectif de Washington d’améliorer l’accès aux ressources de la région et ses efforts pour contrer la Chine.
Le projet hydroélectrique Rusizi III et l’exploitation du méthane du lac Kivu étaient les seuls projets spécifiquement mentionnés dans le communiqué, malgré l’accent mis par les États-Unis sur les minerais critiques. Les deux pays ont déclaré vouloir donner la priorité au financement de Rusizi et collaborer pour exploiter le méthane de manière durable.
L’annonce de vendredi intervient après la première réunion d’un comité de surveillance conjoint entre les deux pays, jeudi, dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington, alors même que d’autres engagements restent à honorer.
Dans l’accord de Washington, les deux pays se sont engagés à mettre en œuvre un accord de 2024 prévoyant le retrait des troupes rwandaises de l’est du Congo dans un délai de 90 jours.
Les opérations militaires congolaises ciblant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé basé au Congo qui comprend des vestiges de l’ancienne armée rwandaise et des milices ayant perpétré le génocide de 1994, devraient prendre fin au même moment.
L’accord prévoyait également que le Congo et le Rwanda formeraient un mécanisme conjoint de coordination de la sécurité dans un délai de 30 jours et mettraient en œuvre un plan convenu l’année dernière pour surveiller et vérifier le retrait des soldats rwandais dans un délai de trois mois.
Mais 30 jours se sont écoulés depuis la signature sans qu’aucune réunion du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité ne soit tenue.
Une source proche du dossier a indiqué que la réunion du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité se tiendrait le 7 août à Addis-Abeba.
Le Congo participe également à des pourparlers directs avec le M23, accueilli par le Qatar, et le mois dernier, les deux parties se sont engagées à signer un accord de paix séparé d’ici le 18 août, même si de nombreux détails restent à négocier.
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