Mohamed Hamdan Dagalo, chef des Forces de soutien rapide paramilitaires, a prêté serment à la tête d’un gouvernement soudanais parallèle, a annoncé le gouvernement dans un communiqué, rapprochant ainsi le pays d’une partition de facto.
Dagalo, connu sous le nom de Hemedti, a rarement été vu au Soudan depuis le début d’une guerre de 28 mois avec l’armée nationale, mais il a prêté serment dans la ville soudanaise de Nyala, selon le communiqué.
L’une des plus grandes villes du Soudan, située dans la région du Darfour, Nyala a servi de capitale de facto aux FSR, qui ont nommé un Premier ministre et un conseil présidentiel dirigés par Dagalo.
La ville a été la cible d’attaques de drones samedi. Bien que les FSR contrôlent la majeure partie du Darfour, elles combattent farouchement l’armée et ses alliés pour la ville d’el-Fashir, capitale historique de la région.
Elle y a assiégé des centaines de milliers de civils pendant plus de 500 jours, les obligeant à consommer de la nourriture animale pour survivre.
L’UNICEF a déclaré en début de semaine que plus de 1 000 enfants avaient été tués ou mutilés par des attaques aériennes, d’artillerie et terrestres.
Les FSR affirment avoir donné aux civils de nombreuses possibilités de partir.
Le Laboratoire humanitaire de Yale a indiqué vendredi que des images satellite montraient que les forces avaient érigé des barrières physiques empêchant les personnes de partir. Ceux qui ont réussi à s’échapper font état d’attaques violentes et de vols commis par les soldats des FSR.
L’armée soudanaise a repris le contrôle des régions du centre et de l’est du Soudan et met en place son premier gouvernement depuis le début de la guerre, qui a tenu son premier conseil des ministres en début de semaine.
La vaste région du Kordofan, située entre les bastions des deux forces, reste le théâtre de combats et d’attaques contre de petits villages.
La guerre entre les forces a plongé la moitié de la population soudanaise dans la faim, dévasté son économie et provoqué la pire crise humanitaire au monde.