Le Conseil constitutionnel ivoirien a publié lundi la liste définitive des candidats retenus à l’élection présidentielle du 25 octobre. Cinq candidatures ont été retenues, tandis que celles de Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo ont été rejetées.
Le président Alassane Ouattara, 83 ans, a annoncé en juillet qu’il briguerait un quatrième mandat les analystes s’attendent à sa victoire, compte tenu du faible nombre de candidats.
Mais les tensions autour de l’éligibilité des candidats risquent d’alimenter les troubles dans ce pays qui a un long historique de violences électorales. Le gouvernement de Ouattara a promis un scrutin pacifique.
Tidjane Thiam, candidat désigné du principal parti d’opposition, le PDCI, était largement attendu comme exclu après qu’un tribunal a statué en avril qu’il devait être radié des listes électorales au motif qu’il était de nationalité française lors de son inscription. La loi ivoirienne stipule que les candidats doivent être citoyens ivoiriens et ne peuvent détenir une autre nationalité.
De son côté, Laurent Gbagbo a été radié de la liste électorale depuis 2020, suite à une condamnation par la justice ivoirienne. À cela s’ajoute, « le déficit » de quelque 20 000 parrainages dans son dossier.
La décision de lundi, annoncée par la présidente du Conseil constitutionnel, Chantal Nanaba Camara, a validé cinq candidatures sur 60, dont celle de Ouattara. Elle est intervenue un peu plus d’un mois avant le début officiel de la campagne électorale, le 10 octobre.
Le refus de Laurent Gbagbo d’accepter sa défaite aux élections de 2010 a déclenché une brève guerre civile qui a fait plus de 3 000 morts et n’a pris fin qu’avec son arrestation aux côtés de Simone Gbagbo à leur résidence d’Abidjan.
Laurent Gbagbo a été jugé et acquitté de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale.
Simone Gbagbo a été reconnue coupable par un tribunal ivoirien d’atteintes à l’État pendant la guerre civile de 2011, mais Ouattara l’a amnistiée en 2018.
Tidjane Thiam a déclaré lundi dans un communiqué que l’élection du mois prochain risquait de devenir un « sacrifice » pour Ouattara.
L’ancien PDG du Crédit Suisse a également déclaré qu’un quatrième mandat pour Ouattara serait inconstitutionnel, bien que ce dernier ait soutenu qu’une nouvelle constitution approuvée en 2016 avait réinitialisé sa limite de deux mandats.