Quatre ans après la prise du pouvoir par l’armée, les Guinéens se prononcent ce dimanche sur un nouveau projet de constitution qui ouvrirait la voie à des élections, mais permettrait également au chef de la transition de se présenter à l’élection présidentielle, lors d’un référendum boycotté par l’opposition.
Ce scrutin, attendu depuis des années par les Guinéens et la communauté internationale, ouvre la voie à des élections politiques bloquées dans ce pays.
Le pays est dirigé d’une main de fer par le général Mamady Doumbouya, depuis qu’il a renversé le président civil élu Alpha Condé en 2021.
Quelque 6,7 millions de Guinéens, sur une population d’environ 14,5 millions d’habitants, sont attendus aux urnes. Les résultats ne sont pas attendus avant mardi soir au plus tôt, selon l’instance électorale du pays.
Les autorités déploient dimanche pas moins de 45 000 membres des forces de défense et de sécurité à travers le pays pour sécuriser le scrutin, ainsi que 1 000 véhicules légers et blindés et des hélicoptères de combat, a indiqué la Gendarmerie nationale.
L’armée guinéenne s’était initialement engagée à restituer le pouvoir aux civils avant fin 2024.
Bien que les autorités promettent désormais des élections présidentielles et législatives avant la fin de l’année, le pouvoir de transition n’a pas encore fixé de date.
La campagne du « oui » au référendum a été intense : rassemblements, fanfares et affiches à l’effigie de Doumbouya, 40 ans, ont été omniprésents dans tout le pays.
La campagne du « non », en revanche, a été quasi inexistante, se déroulant principalement sur les réseaux sociaux et souvent menée par les détracteurs de la transition à l’étranger, fuyant la répression de la dissidence dans le pays.
Depuis 2022, le pouvoir a interdit les manifestations et a arrêté, poursuivi ou contraint à l’exil plusieurs leaders de l’opposition, dont certains ont été victimes de disparitions forcées.