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Le Burkina Faso, le Mali et le Niger annoncent leur retrait de la Cour pénale internationale

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale, la dénonçant comme « un outil de répression néocoloniale ». Cette annonce, publiée lundi dans un communiqué conjoint, est le dernier exemple en date des bouleversements diplomatiques au Sahel, en Afrique de l’Ouest, après huit coups d’État entre 2020 et 2023.

L’annonce a été faite lundi 22 septembre simultanément dans les trois capitales : Bamako, Niamey et Ouagadougou. Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel se retirent du statut de Rome et de la Cour pénale internationale « avec effet immédiat ». Ils accusent la CPI d’appliquer « une justice sélective ».

Les trois pays, dirigés par des officiers militaires, ont déjà rompu avec la CEDEAO et formé une organisation connue sous le nom d’Alliance des États du Sahel. Ils ont également limité leur coopération en matière de défense avec les puissances occidentales et cherché à se rapprocher de la Russie.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont membres de la CPI, dont le siège est à La Haye, depuis plus de vingt ans. Cependant, dans leur déclaration, ils affirmaient que la Cour était incapable de poursuivre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes d’agression et le génocide. Ils n’ont pas fourni d’exemples de manquements de la CPI.

La déclaration commune affirme qu’ « à l’épreuve du temps », la CPI s’est transformée « en instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme, devenant ainsi l’exemple mondial d’une justice sélective ». Pour le Mali, le Niger et le Burkina Faso, c’est ce principe de deux poids deux mesures qui fait qu’ils claquent la porte.

Ces trois pays luttent contre des groupes islamistes qui contrôlent de vastes étendues de territoire et ont mené de fréquentes attaques contre des installations militaires cette année.

Human Rights Watch et d’autres organisations ont accusé les militants, ainsi que les armées et les forces partenaires du Burkina Faso et du Mali, de possibles atrocités criminelles.

En avril, des experts des Nations Unies ont déclaré que l’exécution sommaire présumée de plusieurs dizaines de civils par les forces maliennes pourrait constituer des crimes de guerre.

La CPI enquête au Mali depuis 2013 sur des crimes de guerre présumés commis principalement dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal, dans le nord du pays, alors sous contrôle des insurgés.

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