A LA UNE MADAGASCAR Société

Madagascar : les manifestations contre les coupures d’eau et d’électricité dégénèrent en violences meurtrières

Les autorités malgaches ont imposé jeudi un couvre-feu de 19h à 5h du matin dans la capitale, après que les manifestations contre les fréquentes coupures de courant et les pénuries d’eau ont dégénéré en violences.

Les manifestations contre les coupures d’eau et d’électricité et pour la défense des libertés fondamentales ont fait au moins cinq morts jeudi 25 septembre à Antananarivo, selon une source hospitalière. La soirée a été marquée par les pillages de commerces tandis que des barrages ont été érigés par les habitants dans presque tous les quartiers de la capitale. Le Premier Ministre Christian Ntsay a par ailleurs confirmé la mise en place d’un couvre-feu de 19h à 5h du matin.

La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les milliers de manifestants, principalement des jeunes, qui défilaient et brandissaient des pancartes à Antananarivo, la capitale.

« Certains individus profitent malheureusement de la situation pour détruire les biens d’autrui », a déclaré le général Angelo Ravelonarivo, à la tête d’un corps de sécurité conjoint composé de policiers et de militaires, dans un communiqué lu jeudi soir sur la chaîne privée Real TV. Afin de protéger « la population et ses biens », les forces de sécurité ont décidé d’instaurer un couvre-feu de 19 h à 5 h du matin « jusqu’au rétablissement de l’ordre public », précise le communiqué.

Lors des manifestations qui ont eu lieu plus jeudi, un grand centre commercial de la capitale a été pillé puis incendié, et les domiciles de deux députés ont été pillés et vandalisés, selon des témoins.

Les manifestants, qui ont bravé une précédente interdiction policière, ont défilé en scandant : « Nous avons besoin d’eau, nous avons besoin d’électricité. » Après leur dispersion, les manifestations se sont ensuite propagées dans différents quartiers de la capitale.

Les cours seront suspendus vendredi dans plusieurs grandes villes, comme l’a annoncé, le Premier ministre Christian Ntsay lors d’une conférence de presse à la Primature. L’ensemble de la ville d’Antananarivo est concernée, de même que les districts voisins d’Atsimondrano, d’Avarodrano et d’Ambohidratrimo. Il n’y aura pas école non plus à Antsirabé, troisième ville du pays, où des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X