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Le Maroc réprime des manifestations menées par des jeunes pour des questions de santé et d’éducation

Lundi soir, un important dispositif sécuritaire a déjoué, pour la troisième journée consécutive, les manifestations de jeunes dans plusieurs villes marocaines. Les manifestants réclamaient des améliorations dans les systèmes de santé et d’éducation.

Les manifestations étaient organisées en ligne par un groupe de jeunes anonyme et informel, baptisé « GenZ 212 », utilisant des plateformes comme TikTok, Instagram et l’application de jeu Discord.

Lundi soir, des dizaines de personnes ont été arrêtées, les autorités empêchant le groupe d’organiser des manifestations dans des villes comme Rabat, Casablanca, Agadir, Tanger et Oujda.

À Rabat, un témoin de Reuters a vu des policiers en civil arrêter de jeunes manifestants alors qu’ils tentaient de scander des slogans ou de s’adresser à la presse.

La présidente d’une association de protection de l’enfance, Najat Anouar, a été arrêtée alors qu’elle s’adressait aux médias et relâchée deux heures plus tard.

« Je suis venue ici pour enquêter sur les allégations d’arrestation de mineurs et j’ai moi-même été arrêtée », a-t-elle déclaré à Reuters.

Un groupe de manifestants dans le centre-ville de Rabat a brièvement crié « Liberté, dignité et justice sociale », un slogan faisant écho aux manifestations de 2011 qui ont conduit à une réforme constitutionnelle transférant davantage de pouvoirs de la monarchie marocaine au gouvernement élu.

« Nous voulons un meilleur système de santé et une plus grande responsabilisation », a déclaré Brahim, 25 ans, quelques instants avant de prendre la fuite, la police cherchant à empêcher les manifestants de se joindre à la manifestation.

Dimanche soir à Casablanca, des manifestants ont brièvement bloqué une autoroute principale, tandis qu’à Agadir, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montraient la police dispersant des étudiants près du campus universitaire.

La récente vague de colère des jeunes a été déclenchée par des manifestations antérieures à Agadir contre les mauvaises conditions hospitalières, qui se sont rapidement propagées à d’autres villes.

Les manifestants dénoncent l’insuffisance des soins, le manque de personnel et le manque de ressources médicales.

Le taux de chômage au Maroc s’élève à 12,8 %, celui des jeunes atteignant 35,8 % et celui des diplômés 19 %, selon l’Agence nationale des statistiques.

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