Le président malgache Andry Rajoelina a nommé lundi le général Ruphin Fortunat Zafisambo Premier ministre, une semaine après avoir dissous le gouvernement en réponse aux manifestations persistantes liées aux pénuries d’électricité et d’eau.
Zafisambo a remplacé le Premier ministre Christian Ntsay, limogé par le président. Le général était jusqu’à cette nomination directeur de cabinet militaire à la primature.
Avant de le nommer, Rajoelina a déclaré que le pays avait besoin d’un « Premier ministre capable de rétablir l’ordre et la confiance du peuple ».
Il a ajouté que la priorité absolue de Zafisambo serait de rétablir l’approvisionnement en électricité et en eau.
Lundi, les manifestants sont retournés dans les rues pour une troisième semaine de manifestations antigouvernementales.
Rajoelina a dissout son gouvernement la semaine dernière, mais de nombreux manifestants exigent désormais la démission du président.
La police d’Antananarivo, la capitale, a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Nombre d’entre eux étaient des étudiants qui avaient exprimé des griefs plus larges contre le gouvernement lors des manifestations du mois dernier.
Inspirées par des marches similaires de la « génération Z » au Kenya et au Népal, ces manifestations constituent la plus grande vague de troubles dans le pays ces dernières années, exprimant le mécontentement face à la pauvreté endémique et à la corruption de haut niveau.
La nomination du nouveau premier ministre n’a pas calmé les protestations.
« Aucune manœuvre de façade ne saurait remplacer une réponse directe à nos revendications » a écrit le collectif Gen Z dans un communiqué publié juste après l’annonce. Parmi ces revendications : le respect du droit de manifester sans répression ou encore la révocation du président du Sénat.
Le texte est également signé par l’ONG Transparency International et la Solidarité syndicale de Madagascar, premier syndicat de la Grande Île.
Les signataires laissent un délai de 48 h au président pour satisfaire leurs revendications. Ils menacent autrement de déclencher une grève générale nationale.