Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a profité d’un discours prononcé lors d’un forum d’investissement à Bruxelles pour appeler publiquement son homologue rwandais à contribuer à mettre fin à l’insurrection des rebelles du M23, mais Kigali l’a accusé de faire du « cinéma politique grotesque ».
« Aujourd’hui, nous vivons cette situation et nous sommes les deux seuls capables d’arrêter cette escalade, a-t-il lancé à son homologue rwandais. Je le dis en prenant à témoin le président Joao Lourenço, notre président actuel de l’Union africaine, auquel je rends d’ailleurs un hommage particulier pour son implication dans cette crise et qui, comme vous le savez, était à quelques encablures de la régler définitivement. Mais malheureusement, sans aucune raison – en tout cas, je n’en ai jamais entendu jusqu’à ce jour – vous avez boycotté cette cérémonie alors que nous étions à 98 % déjà de recouvrer une paix durable ».
« Mais il n’est pas trop tard pour bien faire les choses », a renchéri le président Tshisekedi lors du Global Gateway Forum à Bruxelles. « Je prends ce forum à témoin pour vous tendre la main, Monsieur le Président, afin que nous puissions établir la paix des braves », a-t-il déclaré, s’adressant directement au président rwandais Paul Kagame, présent au forum. Tshisekedi a également déclaré que le Rwanda devait demander au M23 de mettre fin à son escalade militaire afin de parvenir à la paix.
Sur son compte X, Paul Kagame a répondu à son homologue congolais en des termes pour le moins méprisants : « Si quelqu’un monte en épingle le vacarme d’un tambour vide, c’est son problème ! Mieux vaut l’ignorer ou passer son chemin ».
« Il ne s’agit pas d’une véritable main tendue, il s’agit plutôt d’un cinéma politique grotesque », a réagi de son côté le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. « Le seul à pouvoir arrêter cette escalade, c’est le président Tshisekedi et lui seul », a ajouté le ministre sur X, accusant le dirigeant congolais de tenir un discours belliqueux envers Kigali.
Le discours de Félix Tshisekedi intervient aussi dans un moment particulièrement tendu, tant sur le plan militaire que sur celui des négociations. Il y a près de deux semaines, la délégation congolaise a refusé de signer le cadre économique régional négocié à Washington, présenté comme le prolongement économique de l’accord de paix signé le 27 juin à Washington sous médiation américaine.