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A Madagascar, les militaires prennent le pouvoir

Un colonel de l’armée malgache a déclaré que l’armée avait pris le contrôle du pays après que le Parlement a voté la destitution du président Andry Rajoelina.

L’annonce du colonel Michael Randrianirina, mardi, devant le palais présidentiel d’Antananarivo, la capitale, est intervenue presque immédiatement après le vote par le Parlement de la destitution de Rajoelina, qui a fui le pays après que des soldats ont participé à des manifestations antigouvernementales de masse.

L’unité militaire qui s’est ralliée au mouvement de contestation généralisée dans cette île particulièrement pauvre de l’océan Indien a fait cette déclaration devant le palais présidentiel du centre d’Antananarivo, juste après un vote de l’Assemblée nationale destituant le chef de l’Etat, présumé avoir quitté le pays.

« On va prendre le pouvoir à partir d’aujourd’hui et on dissout le Sénat et la Haute cour constitutionnelle. L’Assemblée nationale, on la laisse continuer à travailler », a indiqué au micro de l’AFPTV le colonel Michael Randrianirina devant le palais présidentiel du centre de la capitale malgache.

Scènes de fête et concerts ont suivi cette annonce sur la place du 13-mai. Les drapeaux malgaches et chants de célébration ont envahi ce lieu symbolique, baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972 ayant conduit au départ du premier président.

La Haute cour constitutionnelle, ayant constaté la « vacance » du poste de président, « invite » dans un communiqué « l’autorité militaire compétente incarnée par le colonel Randrianirina Michaël, à exercer les fonctions de chef de l’Etat ».

Rajoelina a fait face à des appels répétitifs à la démission tout au long des semaines de manifestations antigouvernementales menées par des jeunes. Un tournant dans les manifestations a eu lieu samedi lorsqu’une unité militaire d’élite a rejoint les manifestants et s’est retournée contre Rajoelina. Cela a incité Rajoelina à dénoncer une tentative de prise de pouvoir et à se cacher.

Au total, 130 des 163 députés, soit plus de la majorité des deux tiers requise, ont voté mardi en faveur de la destitution d’Andry Rajoelina. Elle a été avalisée par la Haute cour constitutionnelle, dont la dissolution avait été annoncée mardi par le colonel Randrianirina.

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