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Au Cameroun, 20 personnes arrêtées pour avoir manifesté contre de supposées fraudes électorales

Au moins 20 personnes ont été arrêtées au Cameroun suite aux manifestations contre l’élection présidentielle du 12 octobre, ont annoncé mardi les autorités, alors que la tension monte à l’approche de la proclamation des résultats prévue plus tard cette semaine.

Le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a confirmé mardi dans un communiqué l’arrestation de certains manifestants à Garoua, dans le nord du pays, sans préciser la date ni le nombre de personnes arrêtées. Vingt des « nombreuses » personnes arrêtées seront déférées devant des tribunaux militaires pour répondre d’insurrection et d’incitation à la rébellion, précise le communiqué, tandis que d’autres personnes impliquées dans des actes criminels ont été conduites à Yaoundé pour complément d’enquête.

« Le gouvernement observe avec inquiétude les actes de provocation et de désordre perpétrés par certains fauteurs de troubles », a-t-il déclaré, affirmant que les personnes arrêtées étaient manipulées par certains acteurs politiques.

Le candidat de l’opposition Issa Tchiroma Bakary a revendiqué sa victoire la semaine dernière et a exhorté le président Paul Biya à reconnaître sa défaite. Le parti de Biya a rejeté la revendication de victoire de Tchiroma et a accusé le candidat de l’opposition de tenter de perturber le processus électoral. Le Conseil constitutionnel devrait annoncer les résultats officiels définitifs d’ici le 26 octobre.

Tchiroma a dénoncé la semaine dernière des signes de falsification des votes, faisant écho aux rapports antérieurs d’organisations de la société civile faisant état de « plusieurs irrégularités », notamment des tentatives de bourrage des urnes.

La Conférence épiscopale nationale du Cameroun, qui a supervisé le scrutin, a déclaré lundi que celui-ci avait été marqué par plusieurs irrégularités, notamment le déplacement de certains bureaux de vote et l’absence de mise à jour de la liste électorale, qui contenait encore des noms de personnes décédées. Un groupe de huit organisations de la société civile ayant supervisé le scrutin a également constaté dans son rapport une répartition inégale des bulletins de vote dans certains bureaux de vote et des tentatives de bourrage des urnes.

Dimanche, Tchiroma a commencé à publier sur sa page Facebook les résultats de 18 circonscriptions administratives qui, selon lui, représentent 80 % de l’électorat, confirmant ainsi sa victoire. Ses publications ont été saluées par ses partisans et moquées par ses détracteurs et alliés du régime, dont des ministres, qui remettent en question leur authenticité.

Tchiroma était porte-parole du gouvernement et ministre de l’Emploi sous Biya, mais a quitté le gouvernement plus tôt cette année pour se lancer dans la course à la présidentielle. Sa campagne a attiré de nombreuses foules et le soutien d’une coalition de partis d’opposition et d’associations citoyennes.

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