Le chef de l’État camerounais, Paul Biya, doyen des dirigeants du monde et candidat à sa propre succession, vient de remporter un huitième mandat à l’issue de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, selon les résultats proclamés lundi par le Conseil constitutionnel.
Biya, 92 ans, a été réélu avec 53,7 % des voix selon les résultats officiels annoncés par le Conseil, tandis que l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary est arrivé deuxième avec 35,19 %.
Tchiroma a rapidement rejeté la victoire de Biya, déclarant à l’AFP : « Il n’y a pas eu d’élections ; c’était plutôt une mascarade. Nous avons gagné sans équivoque. »
Tchiroma avait revendiqué la victoire face au président sortant deux jours après l’élection du 12 octobre et avait appelé à manifester.
Un rassemblement devant son domicile à Garoua, dans le nord du pays, a tourné au drame, a-t-il déclaré à l’AFP lundi, ajoutant que deux manifestants avaient été tués et qu’une dizaine de tireurs embusqués étaient postés sur les toits.
Dimanche, quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des partisans de l’opposition à Douala, la capitale économique, selon le gouverneur de la région.
Les forces de sécurité ont d’abord fait usage de gaz lacrymogènes avant de tirer à balles réelles, ont indiqué des manifestants à l’AFP.
Le taux de participation s’est établi à 46,3 %, selon les résultats officiels annoncés 15 jours après le scrutin.
Cabral Libii arrive en troisième position avec 3,4 %, suivi de Bello Bouba Maigari avec 2,5 %, et d’Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya, seule candidate, avec 1,7 %.
Les huit autres candidats ont chacun recueilli moins de 1 % des voix.
Les rassemblements publics sont interdits et la circulation restreinte dans la plupart des grandes villes du pays depuis le scrutin. Mais depuis la semaine dernière, les partisans de Tchiroma sont descendus dans la rue pour défendre sa victoire. Citant son propre décompte, il a affirmé avoir remporté 54,8 % des voix contre 31,3 % pour Biya.
Tchiroma a réaffirmé sa certitude d’avoir remporté l’élection lors d’un discours mercredi dernier et a appelé les Camerounais à manifester si le Conseil constitutionnel annonçait des « résultats falsifiés et déformés ».
Dès les premières heures de lundi matin, des policiers et des agents de sécurité étaient déployés aux principaux carrefours et sites sensibles de la capitale Yaoundé.
La police a déclaré vouloir « assurer la sécurité du processus électoral et prévenir tout trouble ». De nombreux commerces et stations-service ont été fermés par crainte d’affrontements, tandis que la circulation est restée inhabituellement fluide.
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