Au Soudan, les Forces de soutien rapide (FSR) ont annoncé la prise de Babanusa, dans le Kordofan-Occidental, et le démantèlement de la garnison militaire après avoir repoussé une attaque de l’armée régulière à l’aube.
La prise de cette ville, dernier bastion de l’armée dans le Kordofan-Occidental, constitue un revers pour les forces armées soudanaises, un peu plus d’un mois après la perte de la ville stratégique d’El Fasher, dans le Darfour voisin.
« Notre riposte a été une victoire écrasante. Nos forces ont repoussé et déjoué l’attaque avant même qu’elle ne puisse mener une opération militaire délicate, permettant la libération de la 22e division et de la ville de Babanusa », ont déclaré les FSR dans un communiqué publié lundi.
« L’opération a infligé de lourdes pertes aux forces assaillantes et a détruit du matériel militaire important. »
Des images diffusées en ligne montraient des combattants des FSR célébrant, tirant en l’air et scandant « Allahu akbar, nous sommes à l’intérieur de la 22ème division », le nom de l’unité de l’armée qui contrôlait la ville depuis peu après le début de la guerre civile au Soudan en 2023.
Une vidéo montrait des combattants des FSR célébrant sous une arche portant le nom de la division. L’authenticité de ces vidéos n’a pu être vérifiée immédiatement.
Les FSR avaient précédemment déclaré avoir repoussé une attaque de l’armée à Babanusa, malgré une trêve unilatérale décrétée la semaine dernière par le commandant des forces paramilitaires, le général Mohamed Dagalo.
« Nos forces n’avaient d’autre choix que d’exercer leur droit à la légitime défense et de repousser l’agression », ont déclaré les FSR. « Nous réaffirmons notre ferme engagement envers la trêve humanitaire. »
Les Forces armées soudanaises (FAS) n’ont pas immédiatement commenté le sort de Babanusa, ancien nœud ferroviaire majeur reliant l’ouest du Soudan à l’est et au nord du pays.
Aucune information n’a été communiquée concernant le sort du personnel de la garnison. La déclaration des FSR ne mentionnait aucune capture.
La ville était peu peuplée depuis près de deux ans, les FSR contrôlant la plupart de ses quartiers, ce qui laissait penser à beaucoup que sa chute aux mains des paramilitaires n’était qu’une question de temps.
La perte de la ville, située à 700 km au sud-ouest de la capitale Khartoum, survient moins de cinq semaines après la perte d’El Fasher, ville importante du Nord-Darfour, par l’armée. C’était le dernier bastion militaire du Kordofan-Occidental.
Les Forces de soutien rapide (FSR) contrôlent désormais l’ensemble du Darfour, une région de la taille de la France, ainsi que des portions du Kordofan. Les Forces armées soudanaises (FAS) occupent la capitale, ainsi que les régions est, centre et nord de ce vaste pays afro-arabe de 50 millions d’habitants, dont plus de la moitié souffrent de la faim en raison de la guerre civile.
Ce conflit a également fait des dizaines de milliers de morts et provoqué la plus importante crise de déplacements de population au monde, avec plus de 13 millions de personnes contraintes de quitter leur foyer. La guerre trouve son origine dans la rivalité pour le pouvoir entre le général Dagalo et le chef d’état-major, le général Abdel Fattah al-Burhan, dirigeant de facto du Soudan.