Un Libyen accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis dans une prison de Tripoli a comparu mercredi devant les juges de la Cour pénale internationale. Il est resté impassible pendant la lecture des chefs d’accusation, notamment de meurtre, de viol et de torture.
Khaled Mohamed Ali El Hishri, 47 ans, a seulement confirmé son âge et son identité, puis a demandé sa mise en liberté provisoire dans l’attente de son procès.
La juge Iulia Motoc a demandé à l’avocat d’El Hishri de déposer une requête écrite de mise en liberté provisoire auprès de la Cour.
El Hishri a été extradé lundi vers les Pays-Bas par l’Allemagne, où il avait été arrêté en juillet en vertu d’un mandat d’arrêt de la CPI. L’accusation soutient qu’il était un haut responsable de la prison de Mitiga, où il aurait ordonné ou supervisé des crimes entre 2015 et 2020.
Il est inculpé de six crimes contre l’humanité et de six crimes de guerre pour des sévices présumés infligés à des détenus de la prison, notamment le meurtre d’une personne et la supervision de meurtres, de viols et de tortures sur d’autres, selon l’acte d’accusation lu lors de l’audience publique. Il n’a pas eu à plaider coupable ou non coupable.
Une audience au cours de laquelle les juges devront déterminer si les preuves contre El Hishri sont suffisamment solides pour justifier un procès a été fixée au 19 mai 2026.
Son procès sera le premier d’un suspect libyen devant la Cour pénale internationale, dont les procureurs ont été chargés par le Conseil de sécurité des Nations Unies en 2011 d’ouvrir une enquête dans ce pays d’Afrique du Nord, alors plongé dans l’anarchie après le soulèvement qui a renversé le président Mouammar Kadhafi.
Le tribunal avait rapidement émis un mandat d’arrêt contre Kadhafi, mais des rebelles l’ont tué avant qu’il ne puisse être arrêté et transféré à La Haye.
Le tribunal a émis des mandats d’arrêt contre neuf autres suspects libyens, dont l’un des fils de Kadhafi.