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Le président béninois affirme que la tentative de coup d’État a été déjouée et promet des représailles

Le président béninois Patrice Talon a déclaré dimanche que le gouvernement et les forces armées avaient déjoué une tentative de coup d’État menée par un groupe de soldats et a promis de les punir.

L’annonce de M. Talon, dimanche soir, est intervenue environ douze heures après les premiers coups de feu entendus dans plusieurs quartiers de Cotonou, la plus grande ville du pays et son centre économique. Des soldats ont alors annoncé à la télévision d’État avoir destitué M. Talon.

Les forces loyales à M. Talon « ont tenu bon, ont repris leurs positions et ont éliminé les derniers foyers de résistance des mutins », a déclaré M. Talon dans son allocution télévisée.

« Cet engagement et cette mobilisation nous ont permis de vaincre ces aventuriers et d’éviter le pire pour notre pays… Cette trahison ne restera pas impunie. »

Talon a exprimé sa sympathie aux victimes de la tentative de coup d’État ainsi qu’aux personnes retenues par les mutins en fuite, sans donner plus de précisions.

Un porte-parole du gouvernement, Wilfried Leandre Houngbedji, a déclaré dimanche après-midi que 14 personnes avaient été arrêtées en lien avec la tentative de coup d’État, sans fournir de précisions.

À la demande du gouvernement de Talon, le Nigeria a déployé des avions de chasse pour prendre le contrôle de l’espace aérien béninois et déloger les putschistes de la chaîne de télévision d’État et d’un camp militaire, selon un communiqué du bureau du président nigérian Bola Tinubu.

Le Nigeria a également envoyé des troupes au sol, précise le communiqué.

La CEDEAO et l’Union africaine ont condamné la tentative de coup d’État.

Dans un communiqué ultérieur, la CEDEAO a indiqué avoir ordonné le déploiement immédiat d’éléments de sa force d’intervention au Bénin, notamment des troupes du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

Des coups de feu et des explosions secouent la plus grande ville du pays

Dimanche matin, au moins huit soldats, dont plusieurs armés, sont apparus à la télévision d’État pour annoncer qu’un comité militaire dirigé par le colonel Tigri Pascal dissolvait les institutions nationales, suspendait la constitution et fermait les frontières aériennes, terrestres et maritimes.

« L’armée s’engage solennellement à donner au peuple béninois l’espoir d’une ère véritablement nouvelle, où règnent la fraternité, la justice et le travail », affirmaient les soldats dans un communiqué.

Les soldats ont évoqué la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Bénin, « conjuguée au mépris et à l’abandon dont sont victimes nos frères d’armes tombés au combat ».

Si Talon est reconnu pour avoir relancé l’économie depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le pays a également connu une recrudescence des attaques de militants djihadistes qui ont semé la terreur au Mali et au Burkina Faso.

Le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a déclaré que les soldats n’étaient parvenus qu’à prendre brièvement le contrôle de la télévision d’État.

Des coups de feu ont été entendus tôt dimanche matin dans plusieurs quartiers de Cotonou, alors que les habitants tentaient de se rendre à l’église.

L’ambassade de France a indiqué que des coups de feu avaient été signalés près du domicile de Talon à Cotonou et a exhorté les citoyens à rester chez eux.

En début d’après-midi, des policiers étaient déployés aux principaux carrefours du centre-ville.

De nouveaux coups de feu et des explosions ont été entendus à Cotonou dimanche matin, selon des témoins, mais le calme était revenu avant la diffusion de la déclaration du président Talon.

Élections à l’horizon

Le Bénin se prépare à une élection présidentielle en avril, qui devrait marquer la fin du mandat de Talon.

Le mois dernier, le Bénin a adopté une nouvelle constitution créant un Sénat et portant le mandat présidentiel de cinq à sept ans. Les critiques ont dénoncé une tentative de prise de pouvoir par la coalition au pouvoir, qui a désigné le ministre des Finances, Romuald Wadagni, comme candidat.

Le parti d’opposition Démocrates, fondé par le prédécesseur de Talon, Thomas Boni Yayi, a vu son candidat rejeté par la justice, faute de soutien parlementaire suffisant.

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